A cet âge, la vie paraissant infinie, j'aurais donné la moitié de ce qui me restait à vivre pour avoir la certitude, exprimée par un mot doux, d'être aimé.

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Quand je voyais Vivien, il pestait contre les médias (et j'en faisais partie), traitant les journalistes de « chiens de garde du système ». Il croyait encore à la sincérité des convictions… La réalité est toute bête : un jeune qui choisit ce métier doit reformater son cerveau à la pensée autorisée. Et, plus tard, il a une famille à nourrir, une maîtresse, une résidence secondaire à payer… Donc obligé de mentir pour garder son temps d'antenne ou sa rubrique…
Notre erreur fatale est de chercher des paradis pérennes.
Le bonheur n'a pour échelle de mesure, que notre propre existence, riche ou déshéritée.
Ce n'est pas du tout une enfant inadaptée ! C'est notre monde qui est inadapté à des êtres comme elle ! Vous l'imaginez, elle qui ne sait que faire confiance et aimer, vous l'imaginez à Saint Petersbourg ou à Berlin ?
Ce « résistant à l'absurde » est le personnage clef de la modernité : à la mi-hauteur de l'échelle sociale, entre les éboueurs agrippés à leur benne et l'élite planant sur ses strato-cumulus. Sans son endurance stoïque, le monde s'écroulerait — les maris quitteraient leurs épouses-ados et partiraient vers les pays du Sud, vers des corps généreux et halés, loin de ce quatre-quatre rempli d'instruments de torture pour « le royaume de la glisse ». Or, ils assument, sourient, vieillissent. La fréquence des suicides, dans la classe moyenne, relativement nantie, est assez logique : des années passées à obtenir des tonnes de diplômes, une tension inhumaine au travail, la peur d'une obsolescence professionnelle programmée et, en compensation — cette voiture, pareille à un corbillard, et cette femme-ado à la voix glaçante : « Tu as encore oublié la doudoune de Léo… »
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La vraie joie est de pouvoir papillonner au-dessus d'une multitude de possibilités, un peu anarchiques, un peu dérisoires.
Notre erreur fatale est de chercher des paradis pérennes.
Les amours qui ne prétendent plus à l'unicité à la grande passion, offrent en cadeau empoisonné, cette délicieuse désinvolture des sentiments.
Le statut d'amoureux libres s'apparentait à celui de vagabonds, de voleurs, de contestataires. Ce qui n'était pas faux : l'amour est subversif par essence.
Le soldat devient vite une bête assez primaire qui veut tout simplement survivre et, pour cela, il trouve plus commode de ne pas trop réfléchir.