Vous êtes donc jeune aussi, Monseigneur, un peu plus de dix-huit ans, tout de même, vingt-cinq, sans doute, trente, peut-être, guère au-delà. Passé cet âge, on se met à peser chacun de ses actes, on brime son cœur, on tue son âme, on se trahit à chaque instant, car nul ne peut mener sa vie autrement en ces temps qui sont les nôtres.

À lire aussi de Jean Raspail

Je suis d'abord un homme libre, jamais inféodé à un parti. Je patrouille aux lisières.
La nation, ce n'est pas un bouillon. Elle est une agglomération de populations identiques qui ont créé une civilisation propre à leur identité.
L'homme n'a jamais aimé le genre humain en bloc, races, religions et cultures, mais seulement ceux qu'il reconnaît pour siens, ceux de son clan, si vaste soit-il.
Votre royaume est double Monseigneur. Il y a le royaume visible, un peuple et un territoire. Vous n'en êtes plus le roi, vous n'en êtes pas le roi, vous n'en serez sans doute plus jamais le roi. Et il y a le royaume invisible, celui qui n'a ni terres ni frontières, ce qui est un élan de l'âme. Celui-là est le fondement de l'autre et c'est pour le moment le seul qui vous reste. Ne le risquez pas dans la cohue et la confusion. Emportez-le avec vous en exil.
Loi démocratique qui étend peu à peu cette dégradante protection qui fait les hommes faibles on ne tue plus pour une injure, et les hommes perdent leur honneur.
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Dans la même œuvre

Quand on représente une cause (presque) perdue, il faut sonner de la trompette, sauter sur son cheval et tenter la dernière sortie, faute de quoi l’on meurt de vieillesse triste au fond de la forteresse oubliée que personne n’assiège plus car la vie s’en est allée ailleurs.
Je n’arrive pas à comprendre — ou parfois je comprends trop bien mais je ne veux pas vous entraîner là, Monseigneur — pourquoi des hommes et des femmes, des Français, au niveau le plus élevé des pouvoirs et de la réflexion, là où se décide notre destin national, pourquoi ils s’acharnent à détruire ouvertement ou sournoisement, les piliers déjà vermoulus qui soutiennent encore notre vieux peuple.
Votre royaume est double Monseigneur. Il y a le royaume visible, un peuple et un territoire. Vous n'en êtes plus le roi, vous n'en êtes pas le roi, vous n'en serez sans doute plus jamais le roi. Et il y a le royaume invisible, celui qui n'a ni terres ni frontières, ce qui est un élan de l'âme. Celui-là est le fondement de l'autre et c'est pour le moment le seul qui vous reste. Ne le risquez pas dans la cohue et la confusion. Emportez-le avec vous en exil.