Un jour, la classe ouvrière avait existé. Ils pourraient en témoigner.Si jamais quelqu'un demandait.

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C'était ça l'usine, un monde de peine et de réconfort, un monde qui n'avait cessé de rapetisser d'ailleurs, passant de plus de deux cent cinquante bonshommes à trois fois rien.
L'éducation est un grand mot, on peut le mettre dans des livres et des circulaires. En réalité, tout le monde fait ce qu'il peut. Qu'on se saigne ou qu'on s'en foute, le résultat recèle toujours sa part de mystère.
Il sentit s'abattre sur lui ce malaise flou, encore une fois, l'envie de rien, le sentiment que ça ne finirait jamais, la sujétion, l'enfance, les comptes à rendre. Par moments, il se sentait tellement mal qu'il lui venait des idées expéditives.
On mourait maintenant à feu doux, d'humiliation, de servitudes minuscules, d'être mesquinement surveillé à chaque stade de sa journée, et de l'amiante aussi.
Le couple, c'était ce canot de sauvetage sur le rebord de l'abîme
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Depuis quelque temps, le boulot devenait vraiment compliqué. La crise justifiait tout. Préfets, juges, patrons, même les représentants du personnel, tous étaient d'accord : le travail était devenu une denrée trop rare pour qu'on fasse la fine bouche.
Leur usine, ils s'y étaient retrouvés sans le vouloir, foutus là comme ailleurs, salariés par fatalité, à travailler sans plaisir, à rouspéter constamment. Et maintenant qu'on la leur enlevait, ils se retrouvaient dépossédés, sans rien, privés de leur maître et de leurs adversaires. La violence devenait possible
C'était ça l'usine, un monde de peine et de réconfort, un monde qui n'avait cessé de rapetisser d'ailleurs, passant de plus de deux cent cinquante bonshommes à trois fois rien.
Avec deux articles du code du travail, on érigeait des murs, on emmerdait le monde, c'était magnifique.