Tu remarqueras que quand tu expliques quelque chose à quelqu'un ou que tu lui décris ce que tu fais dans la vie on te répond toujours que c'est intéressant, les gens ils n'ont que ce mot là à la bouche, que ça, tout le temps, c'est intéressant, mais en général il y a pas de deuxième question. Bizarre. Après t'as le droit au silence.

À lire aussi de Édouard Louis

Tu appartiens à cette catégorie d'humain à qui la politique réserve une mort précoce.
La honte est en fait la forme de mémoire la plus vive et la plus durable, une modalité supérieure de la mémoire, une mémoire qui s'inscrit au plus profond de la chair, à croire, que les plus vifs souvenirs d'une vie sont toujours ceux de la honte.
Si l'on considère la politique comme le gouvernement de vivants par d'autres vivants, et l'existence des individus à l'intérieur d'une communauté qu'ils n'ont pas choisie, alors, la politique, c'est la distinction entre des populations à la vie soutenue, encouragée, protégée, et des populations exposées à la mort, à la persécution, au meurtre.
J'appartenais au monde de ces enfants qui regardent la télévision le matin au réveil, jouent au football toute la journée dans les rues peu fréquentées, au milieu de la route, dans les pâtures qui s'étendent derrière leur maison ou en bas des blocs, qui regardent la télévision, encore, l'après-midi, le soir pendant des heures, la regardent entre six et huit heures par jour.
Les personnes détestées finissent toujours par être détestables, c'est connu.
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Je sentais que si une chose n'était pas dite au moment où elle devait l'être elle disparaissait, sans possibilité de retour, irréversiblement, la vérité s'éloignait, s'échappait
La haine n'a pas besoin d'individus particuliers pour exister mais uniquement de foyers pour se réincarner.
La honte est en fait la forme de mémoire la plus vive et la plus durable, une modalité supérieure de la mémoire, une mémoire qui s'inscrit au plus profond de la chair, à croire, que les plus vifs souvenirs d'une vie sont toujours ceux de la honte.
Je me rendais compte que les mensonges étaient la seule force qui m'appartenait vraiment, la seule arme à laquelle je pouvais faire confiance, sans condition. Ma guérison est venue de cette possibilité de nier la réalité.
Ma guérison est venue de cette possibilité de nier la réalité.