Si mon air vous dit quelque chose, – Vous auriez tort de vous gêner; – Je ne la fais pas à la pose, Laforgue Jules

1 Commentaire

Si mon air vous dit quelque chose, – Vous auriez tort de vous gêner; – Je ne la fais pas à la pose, – Je suis la Femme! on me connaît.
Le Concile féerique (1886)
Citations de Jules Laforgue
Jules Laforgue

Une réponse à “Si mon air vous dit quelque chose, – Vous auriez tort de vous gêner; – Je ne la fais pas à la pose, Laforgue Jules”

  1. dicocitations

    * Jules LAFORGUE (1860-1887)

    Le mystère des trois cors

    Un cor dans la plaine
    Souffle à perdre haleine,
    Un autre, du fond des bois,
    Lui répond ;
    L'un chante ton-taine
    Aux forêts prochaines,
    Et l'autre ton-ton
    Aux échos des monts.

    Celui de la plaine
    Sent gonfler ses veines,
    Ses veines du front ;
    Celui du bocage,
    En vérité, ménage
    Ses jolis poumons.

    – Où donc tu te caches,
    Mon beau cor de chasse ?
    Que tu es méchant !

    – Je cherche ma belle,
    Là-bas, qui m'appelle
    Pour voir le Soleil couchant.

    – Taïaut ! Taïaut ! Je t'aime !
    Hallali ! Roncevaux !

    – Être aimé est bien doux ;
    Mais, le Soleil qui se meurt, avant tout !

    Le Soleil dépose sa pontificale étole,
    Lâche les écluses du Grand-Collecteur
    En mille Pactoles
    Que les plus artistes
    De nos liquoristes
    Attisent de cent fioles de vitriol oriental !…
    Le sanglant étang, aussitôt s'étend, aussitôt s'étale,
    Noyant les cavales du quadrige
    Qui se cabre, et qui patauge, et puis se fige
    Dans ces déluges de bengale et d'alcool !…

    Mais les durs sables et les cendres de l'horizon
    Ont vite bu tout cet étalage des poisons.

    Ton-ton ton-taine, les gloires ! ….

    Et les cors consternés
    Se retrouvent nez à nez ;
    Ils sont trois ;
    Le vent se lève, il commence à faire froid.

    Ton-ton ton-taine, les gloires !…

    – " Bras-dessus, bras-dessous,
    " Avant de rentrer chacun chez nous,
    " Si nous allions boire
    " Un coup ? "

    Pauvres cors ! pauvres cors !
    Comme ils dirent cela avec un rire amer !
    (Je les entends encor).

    Le lendemain, l'hôtesse du Grand-Saint-Hubert
    Les trouva tous trois morts.

    On fut quérir les autorités
    De la localité,

    Qui dressèrent procès-verbal
    De ce mystère très-immoral.

    Répondre

Laisser une réponse