Savoir refuser est d’aussi grande importance que savoir octroyer; et c’est un point très nécessaire Gracián y Morales Baltasar

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Savoir refuser est d’ aussi grande importance que savoir octroyer; et c’ est un point très nécessaire à tous ceux qui commandent.
L’Homme de cour (1647)
Citations de Baltasar Gracián y Morales
Baltasar Gracián y Morales

Une réponse à “Savoir refuser est d’aussi grande importance que savoir octroyer; et c’est un point très nécessaire Gracián y Morales Baltasar”

  1. dicocitations

    Baltasar Gracián
    L’Homme de cour

    CCXXX

    Ouvrir les yeux quand il est temps.

    Tous ceux qui voient n’ont pas les yeux ouverts ; ni tous ceux qui regardent ne voient pas. De réfléchir trop tard, ce n’est pas un remède, mais un sujet de chagrin. Quelques-uns commencent à voir quand il n’y a plus rien à voir. Ils ont défait leurs maisons et dissipé leurs biens avant que de se faire eux-mêmes. Il est difficile de donner de l’entendement à qui n’a pas la volonté d’en avoir, et encore plus de donner la volonté à qui n’a point d’entendement. Ceux qui les environnent jouent avec eux comme avec des aveugles, et toute la compagnie s’en divertit ; et d’autant qu’ils sont sourds pour ouïr, ils n’ouvrent jamais les yeux pour voir. Cependant, il se trouve des gens qui fomentent cette insensibilité, parce que leur bien-être consiste à faire que les autres ne soient rien. Malheureux le cheval dont le maître n’a point d’yeux ! Il sera difficile qu’il engraisse.
    CCXXXI

    Ne laisser jamais voir les choses
    qu’elles ne soient achevées.

    Tous les commencements sont défectueux, et l’imagination en reste toujours prévenue. Le souvenir d’avoir vu un ouvrage encore imparfait ne laisse pas la liberté de le trouver beau quand il est fait. Jouir tout à la fois d’un grand objet, c’est un obstacle à bien juger de chaque partie ; mais aussi c’est un plaisir qui remplit toute l’idée. Ce n’est rien avant que d’être tout ; et quand une chose commence d’être, elle est encore bien avant dans le rien. Voir apprêter le manger le plus exquis, cela provoque plus le dégoût que l’appétit. Que tout habile maître se garde donc bien de laisser voir ses ouvrages en embryon ; qu’il apprenne de la nature à ne les point exposer qu’ils ne soient en état de pouvoir paraitre.
    CCXXXII

    Savoir un peu le commerce de la vie.

    Que tout ne soit pas théorie, qu’il y ait aussi de la pratique. Les plus sages sont faciles à tromper, car bien qu’ils sachent l’extraordinaire, ils ignorent le style ordinaire de vivre, qui est le plus nécessaire. La contemplation des choses hautes ne les laisse pas penser à celles qui sont communes ; et comme ils ignorent ce qu’ils devaient savoir le premier, c’est-à-dire ce que chacun sait, ils sont regardés avec étonnement, ou tenus pour des ignorants par le vulgaire, qui ne s’arrête qu’au superficiel. Que le sage ait donc soin d’apprendre du commerce de la vie ce qu’il lui en faut pour n’être ni la dupe, ni la risée des autres. Qu’il soit homme de maniement, car bien que ce ne soit pas là le plus haut point de la vie, c’en est le plus utile. À quoi sert le savoir, s’il ne se met pas en pratique ? Savoir vivre est aujourd’hui le vrai savoir.

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