Œuvre

Tractatus logico-philosophicus (1918)

Comprendre une proposition, c'est savoir ce qui a lieu quand elle est vraie.
Le mot philosophie doit signifier quelque chose qui est au-dessus ou au-dessous des sciences de la nature, mais pas à leur côté.
Les formes logiques n'ont pas de nombre. C'est pourquoi il n'y a pas en logique de nombres distingués, et c'est pourquoi il n'y a pas de monisme ou de dualisme philosophique. Mis à part le zéro.
La tautologie et la contradiction sont vides de sens. (Comme le point, duquel partent deux flèches en directions opposées.) (Je ne sais rien du temps qu'il fait par exemple, lorsque je sais: ou il pleut ou il ne pleut pas.)
Toute conséquence est conséquence a priori.
La croyance en un lien causal est un préjugé.
Le simple est le sceau du vrai.
La logique doit prendre soin d'elle même.
Sommairement parlant, dire que deux choses sont identiques est dépourvu de sens, et dire d'une chose est identique à elle-même ce n'est rien dire du tout.
Les frontières de mon langage sont les frontières de mon monde.
Le monde et la vie ne font qu'un.
Le sujet n'appartient pas au monde, mais il est une frontière du monde.
Le je fait son entrée dans la philosophie grâce à ceci: que le monde est mon monde.
Le nombre est l'exposant d'une opération.
Les propositions de la logique sont des tautologies.
A la question de savoir si l'on a besoin de l'intuition pour résoudre un problème de mathématiques, il faut répondre que c'est justement ici le langage lui-même qui fournit l'intuition nécessaire.
L'exploration de la logique signifie l'exploration de toute capacité d'être soumis à des lois. Et hors de la logique, tout est hasard.
Il n'est de nécessité que logique.
Le sens du monde doit être en dehors de lui. Dans le monde, tout est comme il est, et tout arrive comme il arrive; il n'y a en lui aucune valeur - et s'il y en avait une elle serait sans valeur.
Il doit y avoir, en vérité, une espèce de châtiment et une espèce de récompense éthiques, mais ils doivent se trouver dans l'acte lui-même.
Ainsi dans la mort, le monde n'est pas changé, il cesse.
La mort n'est pas un événement de la vie. On ne vit pas la mort. Si on entend par éternité non la durée infinie mais l'intemporalité, alors il a la vie éternelle celui qui vit dans le présent.
Comment est le monde, ceci est pour le Supérieur parfaitement indifférent. Dieu ne se révèle pas dans le monde.
Il y assurément de l'indicible. Il se montre, c'est le Mystique.
La méthode correcte en philosophie consisterait proprement en ceci: ne rien dire que ce qui se laisse dire, à savoir les propositions de la science de la nature.