Œuvre

Post-Scriptum de ma vie (1901)

La femme est ainsi faite qu'on devine déjà la jeune mère dans la petite fille et qu'on sent encore la petite fille dans la jeune mère. Le premier enfant continue la dernière poupée.
Sans la vanité, sans la coquetterie, sans la curiosité, sans la chute en un mot, la femme n'est pas la femme. Il y a dans sa grâce beaucoup de sa faiblesse.
Quand une femme vous parle, regardez ce que disent ses yeux.
Pas d'injures à ces malheureuses que vous coudoyez le soir dans la rue. Souvenez-vous que la plupart ont été livrées à la prostitution par la faim et se sont laissées tomber dans le ruisseau pour ne pas se jeter à la rivière.
Il faut savoir souvent obéir à la femme pour avoir le droit de lui commander quelquefois.
Nuages et vêtements font obstacle à la contemplation. La beauté et l'infini veulent être regardés sans voiles.
L'idée de l'infini se dégage du beau comme l'idée du beau se dégage de l'infini. La beauté, ce n'est pas autre chose que l'infini contenu dans un contour.
Je ne fais pas le délicat ; je ne fais pas le difficile ; je ne fais pas la petite bouche ; je suis le Gargantua du beau.