Œuvre

Pensées, provocs et autres volutes (2006)

La vie est belle, qu'est ce que tu veux, je suis fou quelque part. Je vais crever, je pense, sans blé, sans un rond, mais peu importe. Je ne veux pas donner à Charlotte et à Lulu un handicap de milliardaire, voilà.
Je n'ai aucune prétention à être moi-même.
Je me noie dans mon miroir parce que je ne sais pas nager. Ce sont des eaux troubles et dangereuses; des marécages. Pour certains ce sont les reflets du ciel et pour moi ce sont des miasmes.
J'ai un regard perçant qui peut aller jusqu'au fond de l'âme.
Certains s'effacent devant leur destin. Moi je le mets aux arrêts de rigueur. A fond de cale.
Je suis un personnage, donc un mythe. J'ai mon look, je suis le précurseur du néo-dandysme. Et ma barbe de deux jours me demande beaucoup de soins.
Je suis un mythe vivant, quelques degrés au-dessus d'une star.
Je ne porte jamais de slip. Ca fait pansement.
C'est une défense de mettre un masque. Moi je crois que j'ai mis un masque et que je le porte depuis vingt ans, je n'arrive plus à la retirer, il me colle à la peau. Devant il y a toute la mascarade de la vie et derrière, il y a un nègre: c'est moi.
Quand j'ai dit à Whitney Houston: I want to fuck you, c'était hard, d'accord, mais quelle pire insulte que de dire à une femme: Vous êtes intirable?
En définitive, je suis resté en filigrane cet enfant timide et secret qui implique candeur, innocence, insoumission et sauvagerie.
Je pratique un art mineur destiné aux mineures.
La chanson, comme l'a été la peinture, est pour moi une manière de vivre en marge de la société.
J'aurais pu faire de la peinture mais j'ai eu peur de la bohème que je trouvais anachronique. J'ai abandonné.
La chanson, le cinéma, les musiques de film me déséquilibrent. C'est facile, c'est faux, on parle plus de nous que des ministres. C'est non seulement inutile, c'est absurde.
Mon premier cachet, ce n'était même pas un cachet, plutôt un comprimé.
Quel est le leitmotiv militaire de l'intestin grêle. Chaque matin, il balance: mission accomplie, mon côlon.
La chanson française? Je suis plutôt consterné que concerné.
L'art abstrait a fait éclater la peinture: quand en musique on fait éclater les formes il ne reste que les percussions, au désavantage de l'harmonie.
Théoriquement pour être vraiment moderne, pour être au vingtième siècle dans la lignée des peintres, des poètes et des musiciens modernes, on devrait faire une musique atonale et des vers libres. Comment aller expliquer ça dans le Cantal?
Moi je n'ai pas d'idée, j'ai des associations de mots, comme les surréalistes; carence d'idée. Ca cache un vide absolu, je suis sous vide.
Le public et les femmes c'est la même chose: je suis prêt à jeter une partie de mon public qui a vieilli et qui d'ailleurs me crache dessus.
La chanson française n'est pas morte, elle doit aller de l'avant et ne pas être à la remorque de l'Amérique. Et prendre des thèmes modernes. Il faut chanter le béton, les tracteurs, le téléphone, l'ascenseur, ... La chanson française est à faire.
Il faut plaire aux femmes d'abord puisque c'est la femme qui applaudit et le mari qui suit.
Plus d'accents, ni grave, ni aigu, ni circonflexe; plus d'apostrophe, de barre de t, de points sur les i: un jour j'ai changé ma façon d'écrire par défi esthétique, en supprimant tout ce qui obligeait ma main à revenir en arrière.