Œuvre
Les Affreurismes (2005)
Un trop-plein de lucidité est le foyer d'infection du suicide ou de la foi.
L'arrogance est un moindre malheur que le complexe d'infériorité.
La dépression est le voeu de chasteté de nos sens.
L'homme a besoin d'une passion tout comme la mort a besoin de la vie.
La plus belle vertu du suicide est de rendre l'inéluctable immédiat.
L'amitié amoureuse est un pieux mensonge qui nous mène souvent au pieu.
La dépression, cette plénitude lumineuse de la lucidité, est l'état naturel de l'homme. Ce sont les psychiatres qui sont les vrais dérangés.
La beauté est la conjugaison du hasard et du malheur.
Le remords est une élongation du coeur.
Contre la bêtise congénitale le don de cerveau est recommandé.
Tout poème est un suicide raté.
Nous avouons tous des préférences musicales mais nous chérissons surtout les concerts de nos louanges.
A vingt ans une femme donne son corps en spectacle, à soixante ans c'est son corps qui se donne en spectacle.
Le vieil homme et l'amour: mâchoire qui attend un râtelier.
Le célibat est pathétique, le concubinage affreux et le mariage odieux. Faites votre choix.
L'homme qui navigue sur les eaux tumultueuses de l'amour a le mal de femme.
Le destin du révolté est de renier ses origines pour ensuite mieux les fanatiser.
L'amour est une tragi-comédie. Une pièce tragique écrite par des comiques.
La mort est un faux mouvement des battements du coeur.
Dispute conjugale: la guerre moins les bombes.
L'amour n'est pas aveugle. Il est borgne.
La rencontre inopinée avec un vieil amour est amusante. C'est comme dénicher, au fond de sa poche, une ancienne pièce de monnaie qui ne vaut désormais plus rien.
Un euphémisme c'est dire du bout des lèvres ce qu'on a au fond des tripes.
L'amour ressemble curieusement à la foi. Sauf que les conversions sont plus fréquentes.
L'amour ressemble curieusement à la foi. Sauf qu'on se retrouve toujours en enfer.