Œuvre

Le Journal du séducteur (1843)

Les jeunes filles parlent généralement avec beaucoup de dédain des hommes embarrassés, mais secrètement elles les aiment bien.
... on ne peut pas savoir ce qu'un homme en son désespoir peut songer à risquer.
Toute tribulation embellit les êtres.
... la vie est un chemin.
... l'amour ne se trouve que dans la liberté, et ce n'est qu'en elle qu'il y a de la récréation et de l'amusement éternel.
... un moyen très utile pour se mettre en rapport avec une jeune fille, c'est de lui prêter des livres.
Je méprise un juge lorsqu'il arrache l'aveu d'un délinquant par la promesse de la liberté. Un tel juge renonce à sa force et à son talent.
Je suis un ami de la liberté de penser, et aucune pensée n'est assez absurde pour que je n'aie pas le courage de la retenir.
Quelqu'un qui parle comme un livre est extrêmement ennuyeux à écouter parfois, cependant, parler ainsi peut être utile, car, chose curieuse, un livre a ceci de particulier qu'il peut être interprété comme on veut.
Si on ne sait pas faire de l'amour cet absolu auprès de quoi toute autre histoire disparaît, on ne devrait jamais se hasarder à aimer, même pas si on se mariait dix fois.
Dès ma première enfance, une flèche de la douleur s'est plantée dans mon coeur. Tant qu'elle y reste, je suis ironique - si on l'arrache, je meurs.
Qu'il est beau d'être épris et intéressant de le savoir; ce n'est pas la même chose.
Une jeune fille devrait toujours s'éprendre d'un zéphyr; nul humain ne sait comme lui, en la lutinant, rehausser sa beauté.
Car la nature féminine est un abandon sous forme de résistance.
On s'explique pourquoi Dieu, lorsqu'il a créé Eve, plongea Adam dans un profond sommeil: la femme, en effet, est le rêve de l'homme.
L'amour ne se trouve que dans la liberté, et ce n'est qu'en elle qu'il y a de la récréation et de l'amusement éternel.
La femme est substance, l'homme est réflexion.