Œuvre

Dictionnaire des idées reçues (1913)

Chien: Spécialement créé pour sauver la vie à son maître. Le chien est l'ami de l'homme.
Nègresses: Poussière tombée d'un livre dans un crâne vide.
Romances: Le chanteur de romances plaît aux dames.
Critique: Toujours éminent. Est censé tout connaître, tout savoir, avoir tout lu, tout vu. Quand il vous déplaît, l'appeler Aristarque, ou eunuque.
Images: Il y en a toujours trop dans la poésie.
Rire: Toujours homérique.
Cosaques: Mangent de la chandelle.
Hallier: Toujours sombre et impénétrable.
Talleyrand (Prince de): S'indigner contre.
Métaphysique: En rire: c'est une preuve d'esprit supérieur.
Fossettes: On doit toujours dire à une jolie fille qu'elle a des amours nichés dans ses fossettes.
Hachisch: Ne pas confondre avec le hachis, qui ne provoque aucune extase voluptueuse.
Girafe: Mot poli pour ne pas appeler une femme chameau.
Italiens: Tous musiciens. Tous traîtres.
Galant homme: Suivant les circonstances prononcer galantuomo ou gentleman.
Alcibiade: Célèbre par la queue de son chien. Type de débauché. Fréquentait Aspasie.
Normands: Croire qu'ils prononcent des hâvresâcs, et les blaguer sur le bonnet de coton.
Ponsard: Seul poète qui ait eu du bon sens.
Ivresse: Toujours précédée de folle.
Fourchette: Doit toujours être en argent, c'est moins dangereux. On doit s'en servir avec la main gauche, c'est plus commode et plus distingué.
Noir: Toujours suivi d'ébène. Comme un geai (pour jais).
Importation: Ver rongeur du commerce.
Imprésario: Mot d'artiste qui signifie directeur. Toujours précédé d'habile.
Avocats: Ont le jugement faussé à force de plaider le pour et le contre.
Colère: Fouette le sang; hygiénique de s'y mettre de temps en temps.