Œuvre
Dictionnaire des idées reçues (1913)
Kaléïdoscope: Ne s'emploie qu'à propos des salons de peinture.
Bataille: Toujours sanglante. Il y a toujours deux vainqueurs, le battant et le battu.
Bagnolet: Pays célèbre par ses aveugles.
Contralto: On ne sait pas ce que c'est.
Dolmen: A rapport aux anciens Français. Pierre qui servait au sacrifice des druides. Il n'y en a qu'en Bretagne. On n'en sait pas plus.
Abricots: Nous n'en aurons pas encore cette année.
Grenier: On y est bien à vingt ans!
Démêloir: Fait tomber les cheveux.
Feu (adj.): Feu mon père, et on soulève son chapeau.
Grisettes: Il n'y a plus de grisettes. Cela doit être dit avec l'air déconfit du chasseur qui se plaint qu'il n'y a plus de gibier.
Grammaire: L'apprendre aux enfants dès le plus bas âge comme étant une chose claire et facile.
Oméga: Deuxième lettre de l'alphabet grec, puisqu'on dit toujours l'alpha et l'oméga.
Hospitalité: Doit toujours être écossaise. Citer les vers: - Chez les montagnards écossais, - L'hospitalité se donne - Mais ne se vend jamais.
Déchaîner: On déchaîne ses chiens et les mauvaises passions.
Aplomb: Toujours suivi de infernal ou précédé de rude.
Badaud: Tous les Parisiens sont des badauds quoique sur dix habitants de Paris il y ait neuf provinciaux. A Paris on ne travaille pas.
Méthode: Ne sert à rien.
Démosthène: Ne prononçait pas de discours sans avoir un galet dans la bouche.
Faisceaux: A former, est le comble de la difficulté dans la garde nationale.
Gourmé: Toujours précédé de raide.
Bandits: Toujours féroces.
Hypothèse: Souvent dangereuse, toujours hardie.
Matelas: Plus il est dur, plus il est hygiénique.
Etrennes: S'indigner contre.
Auteur: On doit «connaître des auteurs»; inutile de savoir leur nom.