Œuvre

Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages (2008)

Quand un oiseau s'envole, je ne peux m'empêcher de penser qu'un rat quitte le navire.
Le cerf porte ses bois comme le blason de son domaine.
C'est en prenant son courage à deux mains en même temps que ses jambes à son cou qu'on risque de se casser la gueule.
Le marais est un quartier chic où vivent les vanneaux huppés.
Le vent caresse toujours l'herbe dans le sens du poil.
Yourte: aucun angle pointu auquel le cavalier risquerait de se cogner.
J'ai connu l'enfer dans les Monts célestes.
Yourte: bouée de feutre permettant de ne pas se noyer dans l'océan des steppes.
Dans la Beauce, moissonneuses-bateuses garées en épi.
Corrida: on demande au sable d'éponger bien des forfaits.
Si le Tibet est le toit du monde, le Népal en est la gouttière.
Pour les vagues, le rivage est une ligne d'arrivée.
Aller de l'avant, c'est vivre, sauf au bord des falaises.
Le cheval: un débardeur qui se prend pour une duchesse.
Le poisson rêve d'un ver à soi.
Nuage: brioche que le soleil ne parvient pas à faire cuire.
Il a bien fallu que le singe s'arrête quelque part pour que l'homme puisse en descendre.
L'écume, pulpe des houles.
L'océan bave de rage de ne pouvoir abattre la falaise.
Le comique, ce serait que Dieu ne parle pas latin.
Même amoureux, le serpent a du mal à franchir le pas.
Descendre à la cave pour prendre un remontant.
Comment les lapins disent-ils lorsqu'ils ne viennent pas à un rendez-vous?
Les serpents pratiquent la danse du ventre.
Si ça se trouve, les termîtes avaient préparé quelque chose pour le 12 septembre.