Œuvre

Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages (2008)

Tout veau marin grandit sous la mer.
On ne rempote pas une jeune fille en fleur.
Le cochon préférerait que tout en lui ne fût pas bon.
Tragédie de la tomate qui passe de son tuteur à son bourreau.
La becquée aux oisillons: si elle n'y prenait garde, la mère se ferait dévorer.
Un faucon peut-il fondre d'amour?
J'ai connu de très maigres jeunes filles en fleur qui ne donnaient presque pas d'ombre.
Asphalte: ne connaissant plus les cahots du chemin, l'homme moderne ignore les rebondissements du voyage.
Je ne crois qu'à la fidélité de mon ombre.
Après avoir observé le monde extérieur, le hérisson a tiré les justes conclusions.
Asphalte: la ville tire la langue par mépris de la campagne.
L'excitation du marinier lorsqu'il engage la proue sous les jambes d'un pont.
Le vol du vautour: auréole des cadavres.
Atoll attend sirène pour lui passer la bague au doigt.
La vie des kangourous est riche en rebondissements.
Club d'amateurs de cigares: société de consumation.
Sous-bois d'automne: symphonie pour bois et cuivre.
Marcher sans but est un objectif.
Perdre du temps à chercher sa route.
L'océan est un cinémascope: il ne connaît que la nouvelle vague.
Neige, la poudre aux yeux de l'hiver.
Lorsqu'elle s'enfuit, la route est la seule amante qui vaille la peine d'être suivie.
La Terre est peut-être bleue, mais comme une orange pourrie.
Un oiseau quitte sa branche. L'arbre a eu une idée.
Il faut avoir l'âme éteinte pour appeler «nature morte» un bouquet de fleurs couvert d'insectes.