Quand on parlait de moi, c'était constamment pour évoquer mes conneries. Je me sentais très seul et incompris. Je pense que j'essayais d'exister dans un univers où les enfants sont considérés comme des sous-hommes. On les empêche de participer au débat intellectuel. J'avais envie d'y participer moi, je le comprenais ce débat, je ne me sentais pas enfant. Mais on n'écoutait pas mon avis : « Tais-toi, vas dans ta chambre ! » J'avais surtout une immense curiosité. On disait que je cassais tout, mais j'avais surtout envie de comprendre comment marchaient mes jouets, donc je les démontais, je les ouvrais. Cette curiosité ne m'a pas lâché.

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Quand j'ai découvert le théâtre, ç'a été comme dans le film L'Esquive. La rencontre entre un gosse révolté et des textes qui lui donnaient un moyen de dire cette révolte. Je dévorais tout. Molière, Marivaux, La Fontaine… leur révolte était la mienne. Je me suis dit : « Je vais me faire l'interprète de l'injustice du monde, de la souffrance, à travers ces textes-là. »
J'ai eu envie d'aller voir à l'intérieur de moi
J'ai fait vingt ans de psychanalyse ! Petit garçon, j'aimais ouvrir mes jouets pour voir comment c'était fait ; adulte, j'ai eu envie de regarder à l'intérieur de moi pour voir ce qu'il y avait. J'ai ouvert la boîte noire. Ce travail sur soi est essentiel.
Si on s'intéressait vraiment à soi-même, on ferait moins de mal aux autres. J'ai eu envie de le faire comprendre par mes films, par La Boîte noire. On peut n'y voir qu'un thriller, ou autre chose : comment l'on peut agir sur soi-même pour se sentir mieux et s'améliorer.
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J'ai eu envie d'aller voir à l'intérieur de moi