Il s'acharne, et jamais ne s'affale sur une réussite.
❧
Quand on est jeune on croit qu'on cicatrise : elle avait appris qu'on doit s'amputer pour survivre.
◆
À lire aussi de Virginie Despentes
C'est toujours les Français les plus lourds. Tout le monde le dit, ici. Tous les gens qui bossent en bar, restau ou musée disent la même chose – les mecs français, c'est les pires. Tu les reconnais à cinq cents mètres. C'est toujours eux qui gueulent en faisant chier le monde. C'est toujours eux qui font chier les filles. Même les Italiens sont moins lourds. Tout est dit.
Internet est l'instrument de la délation anonyme, de la fumée sans feu et du bruit qui court sans qu'on comprenne d'où il vient.
Changer, c'est toujours perdre un bloc de soi. On le sent qui se détache, après un temps d'adaptation. C'est un deuil et un soulagement en même temps.
Mais tu fais ton boulot - tu parles à des Blancs dans les bureaux des labels qui travaillent avec des Blancs à la promotion et à la distribution qui sont financés par des Blancs et tu deales avec des tourneurs blancs des managers blancs des photographes blancs des journalistes blancs des producteurs blancs des présentateurs blancs. Tout est blanc, en hauteur.
Dans la même œuvre
Vernon sait faire la différence: excité, c'est le bas-ventre qui palpite, amoureux, ce sont les genoux qui faiblissent.
On peut tout se permettre avec les gros. Leur faire la morale à la cantine, les insulter s'ils grignotent dans la rue, leur donner des surnoms atroces, se foutre d'eux s'ils font du vélo, les tenir à l'écart, leur donner des conseils de régime, leur dire de se taire s'ils prennent la parole, éclater de rire s'ils avouent qu'ils aimeraient plaire à quelqu'un, les regarder en faisant la grimace quand ils arrivent quelque part. On peut les bousculer, leur pincer le bide ou leur mettre des coups de pied : personne n'interviendra. C'est peut-être à cette époque qu'elle a appris à renoncer à son genre : mâles ou femelles, les gros sont soumis à une exclusion similaire. On a le droit de les mépriser. Et s'ils se plaignent des traitements qu'on leur inflige, au fond tout le monde pense la même chose : mange moins, gros sac, tu pourras t'intégrer.
Passé un certain âge, on ne se sépare plus des morts, on reste dans leur temps, en leur compagnie.
L'âme est un navire imposant, qu'il faut manoeuvrer avec prudence.
Cannes, se disait Xavier, c'est la fête de la saucisse avec des putes en Louboutin. Tous à dégueuler leur caviar, le nez plein de coke, après avoir récompensé du cinéma roumain.