Se souvenir, c'est nier la présence.
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Quand j'étais enfant, j'appartenais à l'espèce des poids lourds, difficiles à vaincre, difficiles à remuer, lents à s'émouvoir. Aussi il arrivait souvent que quelque poids léger, maigre de tristesse et d'ennui, s'amusait à me tirer les cheveux, à me pincer, et avec cela se moquant, jusqu'à un coup de poing sans mesure qu'il recevait et qui terminait tout. Maintenant, quand je reconnais quelque gnome qui annonce les guerres et les prépare, je n'examine jamais ses raisons, étant assez instruit sur ces malfaisants génies qui ne peuvent supporter que l'on soit tranquille. Ainsi la tranquille France, comme la tranquille Allemagne, sont à mes yeux des enfants robustes, tourmentés et mis enfin hors d'eux-mêmes par une poignée de méchants gamins.
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À lire aussi de Emile-Auguste Chartier, dit Alain
Il faut se tenir entre deux folies, l'une de croire que l'on peut tout, et l'autre de croire qu'on ne peut rien.
En tout c'est l'opportunisme qui est vil, et le pire de tout est d'adorer l'opportunisme, et d'en faire une doctrine.
Le défaut de ce qui est intéressant par soi, c'est qu'on n'a pas de peine à s'y intéresser, c'est qu'on n'apprend pas à s'y intéresser par volonté.
La pensée est une espèce de jeu qui n'est pas toujours très sain.
Dans la même œuvre
Faire et non subir, tel est le fond de l'agréable.
Il est bien vrai que nous devons penser au bonheur d'autrui; mais on ne dit pas assez que ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c'est encore d'être heureux.
L'homme n'est heureux que de vouloir et d'inventer.
Le pessimisme est d'humeur; l'optimisme est de volonté. Tout homme qui se laisse aller est triste...
Les morts ne sont pas morts, c'est assez clair puisque nous vivons.