Il y a des êtres aimés que nous ne faisons que de rêver.
❧
Puis j'étais entrée dans la quarantaine. Le jeu - le jeu de la séduction - occupait une place si centrale dans ma vie que j'avais de la peine à croire qu'il touchait à sa fin. Et, à l'approche de la cinquantaine, ç'avait été comme si les gradins se vidaient et que je me retrouvais seule au milieu d'une arène déserte.
◆
À lire aussi de Nuala O Faolain
La cinquantaine, c'est l'adolescence qui revient de l'autre côté de la vie adulte - le serre-livres correspondant - avec ses troubles de l'identité, ses mauvaises surprises physiques et la force qu'il faut pour s'en accommoder.
Il est des êtres aimés que nous ne faisons que rêver. Ils ne sont pas de vraies personnes pour nous ; ils sont l'incarnation d'un rêve. Nous déployons nos manques et nos besoins au dessus d'eux, et pendant que nous rêvons, nous croyons qu'ils peuvent remplir le puits sans fond où le manque et le besoin sont infiniment renouvelés.
Un jour, je me suis dit que des millions de couples ne communiquaient pas, même quand ils parlaient la même langue.
Les animaux sont à l'opposé du vide froid - ils sont denses, chauds et singuliers et ne cherchent pas de réponses parce qu'ils ne savent pas qu'il y a des questions.
Dans la même œuvre
D'emblée, on aime les animaux tels qu'ils sont, sans songer à vouloir les changer.
La passion n'était-elle pas la chose au monde la plus proche d'une tornade ? Si envahissante lorsqu'elle était là, si totalement disparue une fois enfuie ?
Passé cinquante ans, il peut nous arriver de sentir notre identité vaciller parce qu'elle n'est plus confortée par le regard des autres.
La majorité des femmes de quarante ans et plus détestent leur corps nu, d'après une nouvelle enquête; elles lui attribuent une note de trois et demi sur dix, contre sept sur dix au corps de leur jeunesse. Vous ne trouvez pas ça affreux, les filles? Haïr son propre corps !
Ne vous lamentez pas si la vie est injuste envers vous. Il n'y a pas de justice.