Pour bien juger, il faut s'éloigner un peu de ce que l'on juge, après l'avoir aimé. Cela est vrai des pays, des êtres et de soi-même.

À lire aussi de André Gide

Je pensais au voyage, je me répétais : Plus qu'un jour ! ... je crus devoir lui écrire ces quelques mots : La perception commence au changement de sensation ; d'où la nécessité du voyage.
Un apport constant d'eau douce dilue le sel et, pour ainsi dire, dessale la mer.
Autre bel exemple d'anacoluthe: «L'homme est ainsi fait, qu'à force de lui dire qu'il est un sot, il le croit.» (Pascal.) Il faudrait, logiquement: «qu'à force de s'entendre dire qu'il est un sot...».
Ce n'est pas tant des événements que j'ai curiosité, que de moi-même. Tel se croit capable de tout, qui, devant que d'agir, recule... Qu'il y a loin, entre l'imagination et le fait ! ... Et pas plus le droit de reprendre son coup qu'aux échecs. Bah ! qui prévoirait tous les risques, le jeu perdrait tout intérêt ! ...
S'il suffit d'imaginer qu'on aime pour aimer ainsi suffit-il de se dire qu'on imagine aimer, quand on aime, pour aussitôt aimer un peu moins, et même pour se détacher un peu de ce qu'on aime.
Toutes les citations de André Gide →

Dans la même œuvre

Comme Chopin par les sons, il faut se laisser guider par les mots.