Oui, entre les Français et les Américains, les points communs ne manquent pas. C’est ce qui les unit et les sépare. Voilà deux nations qui ont, l’une et l’autre, vocation à incarner les grandes aspirations de l’humanité, à parler au nom de tous, à transcender, par les valeurs qu’elles défendent, les vicissitudes de la conjoncture. L’Amérique s’étonne que la France puisse exprimer les mêmes prétentions qu’elle. La France n’est plus le phare de l’humanité et dénonce une Amérique qui lui aurait volé son rôle.

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L’antiaméricanisme reste, dans notre pays, une valeur sûre. Que nous en soyons conscients ou non, il imprègne notre conversation et notre réflexion. Il constitue l’un des fondements de la culture française. À telle enseigne qu’on peut se demander s’il ne contribue pas à construire notre identité nationale. Comme si nous avions besoin d’un ennemi, imaginaire ou réel, pour définir ce que nous sommes.
Les États-Unis ressemblent à une auberge espagnole. […] Rien n’est, en effet, plus facile que de découvrir tout et son contraire, les attitudes les plus libérales et les plus conservatrices, les valeurs profondes de la démocratie et la persécution des minorités, la richesse acquise par le mérite et par le travail en même temps que la pauvreté la plus insupportable.
À la réflexion, cette prétention à l’universalisme, ce mélange d’insolence et de fraternité, cet appel aux grands sentiments et à l’intérêt égoïste, ne nous rappellent-ils rien ? C’est peut-être aussi ce qui décrit le mieux l’attitude des Français, leur référence aux grands principes de la Révolution, la fierté, voire la suffisance qu’ils affichent et que bon nombre d’étrangers leur reprochent. Oui, entre les Français et les Américains, les points communs ne manquent pas. C’est ce qui les unit et les sépare. Voilà deux nations qui ont, l’une et l’autre, vocation à incarner les grandes aspirations de l’humanité, à parler au nom de tous, à transcender, par les valeurs qu’elles défendent, les vicissitudes de la conjoncture. L’Amérique s’étonne que la France puisse exprimer les mêmes prétentions qu’elle. La France n’est plus le phare de l’humanité et dénonce une Amérique qui lui aurait volé son rôle.
Aujourd’hui les Américains n’achètent plus d’armes pour se défendre contre les Indiens: on se dote désormais d’une arme parce que c’est une manière de défendre sa liberté. Et cela naît notamment d’une absence de confiance en la police et en l’État. Les Américains n’ont plus confiance qu’en ce qu’ils font eux-mêmes, en leur propre capacité à riposter au cas où ils se feraient attaquer.
Les États-Unis sont le pays des contrastes, qui touchent à la nature et aux climats, aux structures sociales et politiques, aux diversités culturelles. Nous avons beau décréter que les Américains sont de grands enfants, aux idées simplistes et aux comportements aisément prévisibles, nous découvrons vite qu’ils sont au moins aussi compliqués et divers que nous, les Européens, le sommes.
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L’antiaméricanisme reste, dans notre pays, une valeur sûre. Que nous en soyons conscients ou non, il imprègne notre conversation et notre réflexion. Il constitue l’un des fondements de la culture française. À telle enseigne qu’on peut se demander s’il ne contribue pas à construire notre identité nationale. Comme si nous avions besoin d’un ennemi, imaginaire ou réel, pour définir ce que nous sommes.
Les États-Unis ressemblent à une auberge espagnole. […] Rien n’est, en effet, plus facile que de découvrir tout et son contraire, les attitudes les plus libérales et les plus conservatrices, les valeurs profondes de la démocratie et la persécution des minorités, la richesse acquise par le mérite et par le travail en même temps que la pauvreté la plus insupportable. Les États-Unis sont le pays des contrastes, qui touchent à la nature et aux climats, aux structures sociales et politiques, aux diversités culturelles. Nous avons beau décréter que les Américains sont de grands enfants, aux idées simplistes et aux comportements aisément prévisibles, nous découvrons vite qu’ils sont au moins aussi compliqués et divers que nous, les Européens, le sommes.
Les États-Unis ressemblent à une auberge espagnole. […] Rien n’est, en effet, plus facile que de découvrir tout et son contraire, les attitudes les plus libérales et les plus conservatrices, les valeurs profondes de la démocratie et la persécution des minorités, la richesse acquise par le mérite et par le travail en même temps que la pauvreté la plus insupportable.
Les États-Unis sont le pays des contrastes, qui touchent à la nature et aux climats, aux structures sociales et politiques, aux diversités culturelles. Nous avons beau décréter que les Américains sont de grands enfants, aux idées simplistes et aux comportements aisément prévisibles, nous découvrons vite qu’ils sont au moins aussi compliqués et divers que nous, les Européens, le sommes.
À la réflexion, cette prétention à l’universalisme, ce mélange d’insolence et de fraternité, cet appel aux grands sentiments et à l’intérêt égoïste, ne nous rappellent-ils rien ? C’est peut-être aussi ce qui décrit le mieux l’attitude des Français, leur référence aux grands principes de la Révolution, la fierté, voire la suffisance qu’ils affichent et que bon nombre d’étrangers leur reprochent. Oui, entre les Français et les Américains, les points communs ne manquent pas. C’est ce qui les unit et les sépare. Voilà deux nations qui ont, l’une et l’autre, vocation à incarner les grandes aspirations de l’humanité, à parler au nom de tous, à transcender, par les valeurs qu’elles défendent, les vicissitudes de la conjoncture. L’Amérique s’étonne que la France puisse exprimer les mêmes prétentions qu’elle. La France n’est plus le phare de l’humanité et dénonce une Amérique qui lui aurait volé son rôle.