Je me demande pourquoi je suis là. Pourquoi nous sommes tous là. Je préfèrerais me promener dans la nature et observer les animaux. Ils sont plus heureux que nous. Ils ne vont pas à l'école pourtant ils sont plus heureux, c'est sûr. Ils se roulent dans l'herbe, dorment au soleil. Ils n'ont pas de montre.
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On le tient entre ses deux mains, ce nourrisson réfugié dans une noix, si petit, si doux. Les reflets d'or clair de ses cheveux. Et ce regard un peu volé qui ne le quittera plus. Lunaire. Oui, c'est ça, un enfant céleste.
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Pour mon anniversaire, il m'avait offert un livre de Georges Bataille dont il avait marqué une phrase : « L'être aimé pour l'amant est la transparence du monde. » Je n'ai jamais pu lui dire mais je ne crois pas que l'amour tienne du translucide, du cristallin. Loin d'éclaircir le monde il serait plutôt pour moi ce qui lui donne ses fonds sablonneux, sa profondeur, sa moiteur. Une énigme.
Il a suffi que je pénètre dans ces bois scandinaves pour que tous les habitants qui peuplaient ma forêt renaissent sur mes pas : le garde-champêtre taiseux, la mare grouillante de vies minuscules, le martellement des geais et les cris des hulottes... Comme cette enfance a passé vite, recouverte par le désenchantement, les épreuves précoces. Ou peut-être pas. Peut-être que ce paradis perdu est toujours en moi. Peut-être que c'est là que j'habite pour toujours.
Je comprends enfin cette notion enseignée dans un cours de philosophie : l'aventure, plus qu'une interruption du cours des événements ou un voyage vers un ailleurs inconnu et exaltant, est surtout une disposition à être dans le temps.
Je ne crois pas que l'amour tienne du translucide, du cristallin. Loin d'éclaircir le monde il serait plutôt pour moi ce qui lui donne ses fonds sablonneux, sa profondeur, sa moiteur. Une énigme.
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Il a suffi que je pénètre dans ces bois scandinaves pour que tous les habitants qui peuplaient ma forêt renaissent sur mes pas : le garde-champêtre taiseux, la mare grouillante de vies minuscules, le martellement des geais et les cris des hulottes... Comme cette enfance a passé vite, recouverte par le désenchantement, les épreuves précoces. Ou peut-être pas. Peut-être que ce paradis perdu est toujours en moi. Peut-être que c'est là que j'habite pour toujours.
Pour mon anniversaire, il m'avait offert un livre de Georges Bataille dont il avait marqué une phrase : « L'être aimé pour l'amant est la transparence du monde. » Je n'ai jamais pu lui dire mais je ne crois pas que l'amour tienne du translucide, du cristallin. Loin d'éclaircir le monde il serait plutôt pour moi ce qui lui donne ses fonds sablonneux, sa profondeur, sa moiteur. Une énigme.
Je ne crois pas que l'amour tienne du translucide, du cristallin. Loin d'éclaircir le monde il serait plutôt pour moi ce qui lui donne ses fonds sablonneux, sa profondeur, sa moiteur. Une énigme.
Je me demande pourquoi je suis là. Pourquoi nous sommes tous là. Je préfèrerais me promener dans la nature et observer les animaux. Ils sont plus heureux que nous. Ils ne vont pas à l'école pourtant ils sont plus heureux, c'est sûr. Ils se roulent dans l'herbe, dorment au soleil. Ils n'ont pas de montre.
Face aux courants marins et aux vents, tant qu'on lutte contre on n'avance pas, alors que si on les utilise on peut aller où on veut.