Nul ne sait nager avant d’avoir traversé, seul, un fleuve large et impétueux ou un détroit, un bras Serres Michel

Nul ne sait nager avant d’avoir traversé, seul, un fleuve large et impétueux ou un détroit, un bras de mer agités. Il n’y a que du sol dans une piscine, territoire pour piétons en foule.
Partez, plongez. Après avoir laissé le rivage, vous demeurez quelque temps beaucoup plus près de lui que de l’autre, en face, au moins assez pour que le corps s’adonne au calcul et se dise silencieusement qu’il peut toujours revenir. Jusqu’à un certain seuil, vous gardez cette sécurité : autant dire que vous n’avez rien quitté. De l’autre côté de l’aventure, le pied espère en l’approche, dès qu’il a franchi un second seuil : vous vous trouvez assez voisin de la berge pour vous dire arrivé. Rive droite ou côté gauche, qu’importe dans les deux cas : terre ou sol. Vous ne nagez pas, vous attendez de marcher, comme quelqu’un qui saute décolle et se reçoit, mais ne demeure pas dans le vol.
Le Tiers-instruit (1991)
Citations de Michel Serres
Michel Serres

Give a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Nul ne sait nager avant d’avoir traversé, seul, un fleuve large et impétueux ou un détroit, un bras Serres Michel

Nul ne sait nager avant d’avoir traversé, seul, un fleuve large et impétueux ou un détroit, un bras de mer agités. Il n’y a que du sol dans une piscine, territoire pour piétons en foule.
Le Tiers-instruit (1991)
Citations de Michel Serres
Michel Serres

Give a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.