Nous sommes si nombreux à nous contenter d'avancer un pied devant l'autre, sans même nous étonner de ce petit miracle matinal.

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Alors que leurs prédécesseurs se réunirent dans des classes ou des amphis homogènes culturellement, ils étudient au sein d'un collectif où se côtoient désormais plusieurs religions, langues, provenances et moeurs. Pour eux et leurs enseignants, le multiculturalisme est de règle depuis quelques décennies. Pendant combien de temps pourront-ils encore chanter l'ignoble « sang impur » de quelque étranger ?
Apprendre: devenir gros des autres et de soi. Engendrement et métissage.
Rien ne vaut la puissance de l'entraînement.
Le monde a tellement changé que les jeunes doivent tout réinventer : une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d'être et de connaître.
Sans toujours nous en douter, nous vivons ensemble, aujourd'hui, comme enfants du livre et petits-fils de l'écriture.
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Quand j'étais petit, ma grand-mère levait déjà les bras au ciel en disant : ce Michel, il verra jamais le réel, il est tout le temps dans les bouquins !
Si vous regardez globalement ce qui se passe depuis 10, 20, 100 ans, la violence ne cesse de baisser : c'est presque contre-intuitif, personne ne le croit !
Nous sommes en train de vivre une période exceptionnelle de l'Histoire. On a vécu 70 ans de paix, l'espérance de vie a cru jusqu'à 80 ans, la population paysanne est passée de 75 à 2 %... Par conséquent, toutes les institutions que nous avons créées l'ont été à une époque où le monde n'était pas ce qu'il est devenu.
Quand on a fait la Révolution de 89, on avait Rousseau derrière. Aujourd'hui, on n'a personne, et c'est la faute à qui ? Aux philosophes. C'est leur rôle de prévoir ou d'inventer une nouvelle forme de gouvernement ou d'institutions, et ils ne l'ont pas fait.
L'économie telle que le capitalisme l'a mise en place est catastrophique, au moins du point de vue écologique.