Notre imagination a des mirages qui nous trompent. Le vrai germe est parfois étouffé et n'apparaît que tardivement. Gautier et les Goncourt se croyaient, nés pour la peinture. Rousseau n'a compris qu'à quarante ans qu'il était écrivain.

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L'imagination n'est qu'une mémoire évocatrice.
Un des axiomes favoris d'Edgard Poe, dit Baudelaire, était celui-ci : Tout, dans un poème comme dans un roman, dans un sonnet comme dans une nouvelle, doit concourir au dénouement. Un bon auteur a déjà sa dernière ligne en vue quand il écrit la première.
Quelles sont vos préférences? Avez-vous des aptitudes pour le roman, pour le dialogue, pour la poésie, pour la description? Rien n'est plus difficile que de se connaître littérairement.
Notre imagination a des mirages qui nous trompent.
Il est rare qu'on ait le discernement et le courage d'être purement et simplement ce que l'on est.
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Pénétrez-vous de cette idée que la bonne exécution littéraire et le bon style s'obtiennent par le travail, et qu'on peut par l'opiniâtreté et la persévérance doubler la force de son propre talent. Le talent n'est qu'une aptitude qui se développe.
La littérature est un agrément, comme la peinture, l'aquarelle et la musique, une distraction noble et permise, un moyen d'embellir les heures de la vie et les ennuis de la solitude.
Le don d'écrire, c'est-à-dire la facilité d'exprimer ce que l'on sent, est une faculté aussi naturelle à l'homme que le don de parler. En principe, tout le monde peut raconter ce qu'il, a vu. Pourquoi chacun ne pourrait-il pas l'écrire?
Vous ne saisirez ce que c'est que bien écrire qu'après qu'on vous aura exposé ce que c'est que mal écrire.
La première condition préparatoire pour écrire, c'est de se connaître et pour cela, de s'examiner, de s'étudier, de savoir, comme le dit Horace, de quel fardeau vous pouvez charger vos épaules.