Les études, l'idée des études avait émergé beaucoup plus tard, quand j'avais compris qu'elles seraient à peu près le seul chemin possible, ou au moins le seul chemin qui me permettrait de m'éloigner non seulement géographiquement, socialement, donc totalement de mon passé... Il n'y avait que les études qui me permettaient une fuite totale.

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Le mot fainéant est pour toi une menace, une humiliation.
Mon visage semblait ridé à cause des coups qui me vieillissaient. J'avais onze ans mais j'étais déjà plus vieux que ma mère.
Pour moi, qui ne parvenais pas à être des leurs, je devais tout rejeter de ce monde. La fumée était irrespirable à cause des coups, la faim était insupportable à cause de la haine de mon père. Il fallait fuir.
C'est le problème avec les choses volées, comme toi avec ta jeunesse, on ne peut pas réussir à penser qu'elles nous appartiennent vraiment, et il faut continuer à les voler pour l'éternité, c'est un vol qui n'en finit pas. Tu voulais la rattraper, la récupérer, la revoler.
Et qu'est ce que le pouvoir si ce n'est cette machine à engendrer du mensonges, à forcer au mensonge ?
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Je sentais que si une chose n'était pas dite au moment où elle devait l'être elle disparaissait, sans possibilité de retour, irréversiblement, la vérité s'éloignait, s'échappait
La haine n'a pas besoin d'individus particuliers pour exister mais uniquement de foyers pour se réincarner.
La honte est en fait la forme de mémoire la plus vive et la plus durable, une modalité supérieure de la mémoire, une mémoire qui s'inscrit au plus profond de la chair, à croire, que les plus vifs souvenirs d'une vie sont toujours ceux de la honte.
Je me rendais compte que les mensonges étaient la seule force qui m'appartenait vraiment, la seule arme à laquelle je pouvais faire confiance, sans condition. Ma guérison est venue de cette possibilité de nier la réalité.
Ma guérison est venue de cette possibilité de nier la réalité.