Si l'on considère la politique comme le gouvernement de vivants par d'autres vivants, et l'existence des individus à l'intérieur d'une communauté qu'ils n'ont pas choisie, alors, la politique, c'est la distinction entre des populations à la vie soutenue, encouragée, protégée, et des populations exposées à la mort, à la persécution, au meurtre.
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Les plus vifs souvenirs d'une vie sont toujours ceux de la honte
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Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi.
Un de mes amis dit que ce sont les enfants qui transforment leurs parents, et pas le contraire.
Je sentais que si une chose n'était pas dite au moment où elle devait l'être elle disparaissait, sans possibilité de retour, irréversiblement, la vérité s'éloignait, s'échappait
Je me souviens encore moins du lait encore tiède parce qu'il venait d'être extrait des pis de la vache et que ma mère allait le chercher à la ferme en face de chez nous que des soirs où la nourriture manquait et où ma mère disait cette phrase Ce soir on mange du lait, néologisme de la misère
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Je sentais que si une chose n'était pas dite au moment où elle devait l'être elle disparaissait, sans possibilité de retour, irréversiblement, la vérité s'éloignait, s'échappait
La haine n'a pas besoin d'individus particuliers pour exister mais uniquement de foyers pour se réincarner.
La honte est en fait la forme de mémoire la plus vive et la plus durable, une modalité supérieure de la mémoire, une mémoire qui s'inscrit au plus profond de la chair, à croire, que les plus vifs souvenirs d'une vie sont toujours ceux de la honte.
Je me rendais compte que les mensonges étaient la seule force qui m'appartenait vraiment, la seule arme à laquelle je pouvais faire confiance, sans condition. Ma guérison est venue de cette possibilité de nier la réalité.
Ma guérison est venue de cette possibilité de nier la réalité.