Si vouloir au même moment deux choses qui s'excluent mutuellement, c'est être névrosé, alors je suis névrosée jusqu'à l'os. Je naviguerai entre deux choses qui s'excluent mutuellement jusqu'à la fin de mes jours.
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Les gens ne sont faits avec rien de plus que de la poussière, je ne voyais pas du tout pourquoi soigner ces tas de poussière vaudrait mieux qu'écrire des poèmes dont les gens se souviendraient, qu'ils se réciteraient quand ils seraient tristes, malades ou insomniaques...
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À lire aussi de Sylvia Plath
Je me sentais très calme, très vide, comme doit se sentir l'oeil d'une tornade qui se déplace tristement au milieu du chaos généralisé.
Désormais, je parlerai toutes les nuits. A moi-même. A la lune. Je marcherai, comme je l'ai fait ce soir, jalouse de ma solitude, dans le bleu argenté de la lune glaciale, qui miroite sur les congères de neige fraîche en renvoyant des milliers d'étincelles.
Je trouvais que l'obscurité était la plus belle chose au monde. Des millions de choses mouvantes, des millions de culs-de-sac d'ombre. De l'obscurité dans les tiroirs des bureaux, dans les placards, dans les valises, sous les maisons, sous les arbres, sous les cailloux, des ombres derrière le sourire des gens , derrière leurs yeux, de l'obscurité... des kilomètres et des kilomètres et des kilomètres d'obscurité du côté obscur de la terre.
Je me parle à moi-même en contemplant les arbres sombres, d'une bienheureuse neutralité. C'est tellement plus facile que d'affronter les gens, que de devoir paraître heureuse, invulnérable, intelligente. Tous masques ôtés, je me promène en parlant à la lune, à cette force neutre et impersonnelle qui n'entend pas, mais se contente tout bonnement d'accepter mon existence.
Dans la même œuvre
Le silence me déprimait. Ce n'était pas le silence du silence. C'était mon propre silence.
Il n'y a rien de tel que de dégueuler ensemble pour faire de vieilles amies.
Je me sentais très calme, très vide, comme doit se sentir l'oeil d'une tornade qui se déplace tristement au milieu du chaos généralisé.
Pour celui qui se trouve sous la cloche de verre, vide et figé comme un bébé mort, le monde lui-même n'était qu'un mauvais rêve.
J’ai horreur de parler à un groupe. Quand je dois parler à un groupe, j’essaie toujours d’isoler une personne et de lui parler à elle, mais pendant que je parle je sens que les autres m’observent et me prennent en traître. J’ai également horreur des gens qui vous demandent pleins d’entrain comment vous vous sentez et qui s’attendent à ce que vous leur répondiez « Très bien » alors qu’ils savent pertinemment que vous êtes à l’agonie.