Les gens falsifient tout, ils falsifient jusqu’à l’enfance qu’ils ont eue. Ils disent, j’ai eu une b Bernhard Thomas

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Les gens falsifient tout, ils falsifient jusqu’ à l’ enfance qu’ ils ont eue. Ils disent, j’ ai eu une belle enfance, et ils n’ ont tout de même eu que l’ enfer.
Maîtres anciens (1985)
Citations de Thomas Bernhard
Thomas Bernhard

Une réponse à “Les gens falsifient tout, ils falsifient jusqu’à l’enfance qu’ils ont eue. Ils disent, j’ai eu une b Bernhard Thomas”

  1. dicocitations

    Nouvelle traduction d’un extrait de Maîtres anciens de Thomas Bernhard

    Ici, dans la salle Bordone, c’est là que je peux le mieux méditer, si j’ai envie de lire quelque chose sur cette banquette, par exemple mon cher Montaigne ou bien peut-être Pascal qui m’est peut-être encore plus cher, comme vous voyez mes écrivains préférés sont tous des Français, pas un seul Allemand, je peux le faire ici de la manière la plus agréable et la plus utile. La salle Bordone est ma salle de pensée ainsi que ma salle de lecture. Et si j’ai envie d’un verre d’eau, Irrsigler me l’amène, je n’ai même pas besoin de me lever. Parfois les gens s’étonnent lorsqu’ils voient que je lis mon Voltaire assis sur cette banquette en buvant un verre d’eau pure, ils n’en croient pas leur yeux, secouent la tête et s’en vont, comme s’ils me prenaient pour un fou jouissant d’une liberté de bouffon spécialement accordée par l’Etat. Cela fait déjà plusieurs années que je ne lis plus de livre à la maison, ici dans la salle Bordone j’ai déjà lu des centaines de livres, mais ça ne veut pas dire que j’ai lu tous ces livres en entier dans la salle Bordone, de ma vie je n’ai jamais lu un seul livre en entier, ma façon de lire est celle d’un feuilleteur d’un talent supérieur, c’est-à-dire d’un homme qui préfère feuilleter plutôt que lire, qui feuillète donc des douzaines et même des centaines de pages avant d’en lire une seule ; mais quand cet homme lit une page, il la lit bien plus en profondeur qu’aucun autre et avec la plus grande passion de lecture qui se puisse concevoir. Il faut que vous sachiez que je suis davantage feuilleteur que lecteur, et j’aime autant le feuilletage que la lecture, dans ma vie au lieu de lire j’ai feuilleté des millions de fois plus, mais en feuilletant j’ai toujours eu au moins autant de joie et de véritable plaisir intellectuel qu’en lisant. En fin de compte, il est bien mieux de ne lire que trois pages d’un livre de quatre cent pages mille fois plus à fond que le lecteur normal qui lit la totalité du livre, sans lire une seule page à fond, dit-il. Il est mieux de lire douze lignes d’un livre avec une intensité maximale et ainsi de les pénétrer totalement, comme on peut le dire, que de lire le livre entier comme le lecteur normal qui à la fin connaît aussi peu du livre qu’il a lu que le passager d’un avion un paysage qu’il survole. Il ne perçoit même pas les contours.

    My recent post La porte la mieux fermée, est celle qu’on peut laisser ouverte.

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