Le pauvre intelligent était un observateur bien plus fin que le riche intelligent. Le pauvre regarde autour de soi à chaque pas qu'il fait, épie soupçonneusement chaque parole qu'il entend dire aux gens qu'il rencontre ; chaque pas qu'il fait lui-même impose à ses pensées et à ses sentiments un devoir, une tâche. Il a l'oreille fine, il est impressionnable , il est un homme d'expérience, son âme porte des brûlures ...

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L'amour, c'est un vent qui murmure dans les rosiers, avant de tomber. Mais il peut être aussi un sceau inviolable jusqu'à la mort. Dieu a créé plusieurs types d'amour : ceux qui durent et ceux qui s'évanouissent.
Oui, notre vie sur cette terre n'est qu'une longue errance. Nous parcourons les routes et traversons les champs, à quatre pattes ou sur nos deux pieds, en nous piétinant les uns les autres.
Je n’éprouvais plus de douleur, la faim l’avait émoussée ; au contraire, je me sentais délicieusement vide, sans contact avec ce qui m’entourait, et heureux de n’être vu de personne. J’étendis les jambes sur le banc et me renversai en arrière ; ainsi je pouvais mieux sentir tout le bien-être du détachement. Il n’y avait pas un nuage dans mon âme, pas une sensation de malaise, et aussi loin que pouvait aller ma pensée, je n’avais pas une envie, pas un désir insatisfait. J’étais étendu les yeux ouverts, dans un état singulier ! j’étais absent de moi-même, et je me sentais délicieusement loin.
L'amour est unique. Il vint sur terre une nuit de printemps lorsqu'un jeune garçon aperçut deux yeux, deux yeux... Il les regarda fixement, embrassa une bouche, et dans son coeur ce fut comme la collision entre deux lumières, le choc entre un soleil et une étoile.
L'humanité n'avance qu'à travers des symboles.
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Il n'y avait pas un nuage dans mon âme, pas une sensation de malaise, et aussi loin que pouvait aller ma pensée, je n'avais pas une envie, pas un désir insatisfait. J'étais étendu les yeux ouverts, dans un état singulier ; j'étais absent de moi-même, je me sentais délicieusement loin.
Toute mon âme subissait une transformation, comme si au fond de mon être un rideau s’était écarté, comme si un tissu s’était déchiré dans mon cerveau.
Je devais être inconcevablement maigre. Et les yeux étaient en train de rentrer dans la tête. De quoi avais-je l’air ? C’était le diable aussi d’être forcé de se laisser défigurer vivant, uniquement par la faim !
J'avais remarqué très nettement que si je jeûnais pendant une période assez longue, c'était comme si mon cerveau coulait tout doucement de ma tête et la laissait vide.
Les voies de la fortune sont parfois si étrangement tortueuses.