Il reste toujours quelque chose de l'enfance, toujours...
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La voix c'est plus que la présence du corps. C'est autant que le visage, que le regard, que le sourire. Une vraie lettre c'est bouleversant parce qu'elle est parlée, écrite avec la voix parlée.
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À lire aussi de Marguerite Duras
Ma mère nous fait photographier pour pouvoir nous voir, voir si nous grandissons normalement. Elle nous regarde longuement comme d'autres mères, d'autres enfants. Elle compare les photos entre elles, elle parle de la croissance de chacun. Personne ne lui répond. Ma mère ne fait photographier que ses enfants. Jamais rien d'autre. Je n'ai pas de photographie de Vinhlong, aucune, du jardin, du fleuve, des avenues droites bordées des tamariniers de la conquête française, aucune, de la maison, de nos chambres
Une idée est toujours une bonne idée, du moment qu'elle fait faire quelque chose.
Elle dit aussi que s'il n'y avait ni la mer ni l'amour personne n'écrirait des livres.
Il portait un pantalon kaki, tu sais, la couleur du crime, de la guerre. Il était jeune, vingt ans. Il avait déjà eu le temps de devenir criminel.
Dans la même œuvre
Ma vie est un film doublé, mal monté, mal interprété, mal ajusté, une erreur en somme.
Mon histoire, elle est pulvérisée chaque jour, à chaque seconde de chaque jour, par le présent de la vie, et je n'ai aucune possibilité d'apercevoir clairement ce qu'on appelle ainsi: sa vie.
Ce qui remplit le temps c'est vraiment de le perdre.
Il est impossible de rester sans amour aucun, même s'il n'y a plus que les mots, ça se vit toujours. La pire chose c'est de ne pas aimer, je crois que ça n'existe pas.
Donc voyez, j'écris pour rien. J'écris comme il faut écrire il me semble. J'écris pour rien. Je n'écris même pas pour les femmes. J'écris sur les femmes pour écrire sur moi, sur moi seule à travers les siècles.