La géographie est au sens premier du terme une écriture de la terre.

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Elle habitait le fortin de sa peur en sentinelle gaillarde et sommaire.
Il n'y avait pas de paradis, on avait réchappé des enfances ; en elle, dans son sang et sous sa peau, étaient infusées des impressions fortes qui faisaient paysage et composaient le monde, on avait ça en soi, et il fallait élargir sa vie, la gagner et l'élargir, par le seul et muet truchement des livres.
Il aimait bien les soirs, on restait devant la télévision, on ne la regardait pas forcément, on l'entendait, on était les trois dans son bruit, des images apparaissaient, disparaissaient, en fortes couleurs qui circulaient dans la pièce autour des corps, on baignait dans ces images, on était traversé par elles, on attrapait des morceaux, on sentait que le monde était vaste autour de la ferme et de ce pays tout petit dans lequel on aurait vécu
Il ne fallait d'ailleurs pas faire attendre, de manière générale, dans la vie faire sans attendre, faire mais pas attendre.
On ne gratterait pas les vieilles plaies de solitude et de peur, on n'était pas armé pour ça, pas équipé, on s'arrangerait différemment.
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Le pays premier peut être une prison, il peut être un royaume suffisant, une source vive, un trésor. Je ne sais pas bien où passe la frontière entre la chance et le risque, le partir et le rester, l'attachement ou l'arrachement.