Toute la culture actuelle fonctionne encore sur une ancienne définition du désir. Celle d'un patriarcat et d'un système masculin où l'amour ressemble à la guerre. Le désir s'entretient par la distance, la tension et la conquête.
❧
L'opinion commune répète : le mariage et la quotidienneté sont le tombeau de l'amour et du désir. Ce n'est ni le mariage, ni la quotidienneté qui sont en cause mais la manière de les vivre.
◆
À lire aussi de Paule Salomon
Deux personnes qui s'aiment, se boivent des yeux, ne se rassasient pas facilement de la présence l'une de l'autre.
Le plus difficile dans l'amour, aujourd'hui encore, c'est de continuer à se tenir droit.
Quelqu'un d'affamé mangera gloutonnement, bruyamment, avec pour seul souci d'apaiser sa sensation de faim et sans trop goûter ce qu'on lui sert. Pour devenir raffiné et gourmet il ne faut pas avoir trop faim. C'est la même chose en amour.
Pour être soi-même, il faut avoir dépassé l'imitation et la révolte.
Dans la même œuvre
Deux personnes qui s'aiment, se boivent des yeux, ne se rassasient pas facilement de la présence l'une de l'autre.