Je sais aussi que quoi que je fasse je ne serai jamais heureuse sans Serge. Si je pars, je regretterais toujours ma vie exceptionnelle aux côtés d'un homme exceptionnel. Est-il seulement possible de vivre à trois ? Je ne sais pas et d'une certaine façon je sens que Serge serait incapable de me partager, même par l'esprit, pas plus que je n'en suis moi-même capable

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J'ai pris comme principe de ne rien arranger, et croyez-moi, j'aurais préféré avoir des réactions plus matures ou sages que celles que j'ai eues… j'ai coupé là où je pouvais blesser, mais très peu. Moi-même, je reste très infantile, il me semble, et fatigante… Il y a des années qui manquent, des carnets perdus, les personnes qui ne sont pas là, des récits aussi aléatoires que des photos prises, ou pas, comme les bobines non développées, absence d'appareil ce jour-là, cette année-là, mémoire sélective… je fais le tri
Gainsbourg n'a pas cessé de me marcher dessus et ça m'a séduite !
En relisant mes journaux, il me semble flagrant qu'on ne change pas. Ce que je suis à 12 ans, je le suis encore aujourd'hui. Le manque de confiance, la jalousie, mon envie de plaire. Je comprends mieux pourquoi mes amours n'ont pas résisté…
En relisant mes journaux, il me semble flagrant qu'on ne change pas. Ce que je suis à 12 ans, je le suis encore aujourd'hui. Les journaux sont forcément injustes, on montre ses cartes, il y a des versions de tout, mais là, il n'y a que la mienne. J'ai pris comme principe de ne rien arranger, et croyez-moi, j'aurais préféré avoir des réactions plus sages que celles que j'ai eues…
Des fois, j'ai l'impression qu'on voit au travers de moi.
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J'ai écrit mon journal à partir de 11 ans, adressé à Munkey, mon confident, ce singe en peluche habillé en jockey m'a été offert par mon oncle, gagné dans une tombola, il a dormi à mes côtés, partageant la mélancolie de l'internat, les lits d'hôpitaux et ma vie avec John, Serge, Jacques, il a été le témoin de toutes les joies et toutes les tristesses, doté d'un pouvoir magique, il n'y avait aucun vol d'avion, aucune hospitalisation sans sa présence.
J'ai écrit mon journal à partir de 11 ans, adressé à Munkey, mon confident, ce singe en peluche, gagné dans une tombola. Il a dormi à mes côtés, il a partagé ma vie avec John, Serge, Jacques, il a été le témoin de toutes les joies et toutes les tristesses. Devant la dévastation de mes enfants, j'ai déposé Munkey dans les bras de Serge dans le cercueil où il reposait, tel un pharaon. Mon singe pour le protéger dans l'après-vie.
En relisant mes journaux, il me semble flagrant qu'on ne change pas. Ce que je suis à 12 ans, je le suis encore aujourd'hui. Le manque de confiance, la jalousie, mon envie de plaire. Je comprends mieux pourquoi mes amours n'ont pas résisté…
En relisant mes journaux, il me semble flagrant qu'on ne change pas. Ce que je suis à 12 ans, je le suis encore aujourd'hui. Les journaux sont forcément injustes, on montre ses cartes, il y a des versions de tout, mais là, il n'y a que la mienne. J'ai pris comme principe de ne rien arranger, et croyez-moi, j'aurais préféré avoir des réactions plus sages que celles que j'ai eues…
J'ai pris comme principe de ne rien arranger, et croyez-moi, j'aurais préféré avoir des réactions plus matures ou sages que celles que j'ai eues… j'ai coupé là où je pouvais blesser, mais très peu. Moi-même, je reste très infantile, il me semble, et fatigante… Il y a des années qui manquent, des carnets perdus, les personnes qui ne sont pas là, des récits aussi aléatoires que des photos prises, ou pas, comme les bobines non développées, absence d'appareil ce jour-là, cette année-là, mémoire sélective… je fais le tri