Je m’éloigne peu souvent de cet endroit comme si l’enfermement dans un espace minime te restituait d Roubaud Jacques

3 Commentaires

Je m’ éloigne peu souvent de cet endroit comme si l’ enfermement dans un espace minime te restituait de la réalité, puisque tu y vivais avec moi.
Quelque chose noir (1986)
Citations de Jacques Roubaud
Jacques Roubaud

3 réponses à “Je m’éloigne peu souvent de cet endroit comme si l’enfermement dans un espace minime te restituait d Roubaud Jacques”

  1. ManaLdu49

    ^^;)

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  2. lyla <3 JTM p.q.t

    Ouui Ouui Pas Mal 🙂 🙂
    Maais vous pouvéez faire bcp mieux TKT j'crois en tooi 😉

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  3. dicocitations

    Dans l’espace minime

    Je m’éloigne peu souvent de cet endroit comme si l’enfermement dans un espace minime te restituait de la réalité, puisque tu y vivais avec moi.

    À sa descente, comme à sa montée, le soleil pénètre, s’il y a du soleil, et suit son chemin reconnaissable, sur les murs, les planchers, les chaises, courbant, couchant les portes.

    Je suis là beaucoup, à le suivre des yeux, à interposer ma main, sans rien faire, penser, complément d’immobilité.

    Tu n’habites pas ces pièces, je ne pourrais dire cela, je ne suis pas hanté de toi, je n’ai plus, maintenant, que rarement l’hallucination nocturne de ta voix, je ne te surprend pas en ouvrant la porte, ni les yeux.

    Cela qui m’occupe, entièrement, et me détourne du dehors, de m’éloigner, de quitter les chambres, les mouvements du soleil, c’est l’espace, l’espace seul, tel que tu l’avais empli d’images, de tes images, de tes étoffes, de ton odeur, de ta sombre chaleur, de ton corps.

    Disparaissant, tu n’a pas été mise ailleurs, tu t’es diluée dans ce minime espace, tu t’es enfuie dans ce minime espace, il t’a absorbée.

    La nuit sans doute, si je m’éveille dans la nuit, avec l’angoisse de poitrine, la fenêtre énorme, à me toucher les yeux, bruyante, la nuit sans doute, je pourrais te donner forme, parler, te refaire, un dos, un ventre, une nudité humide noire, je ne m’y abandonne pas.

    Je ne m’abandonne à l’allongement des fenêtres, de l’église, au golfe des toits à gauche de l’église, où se lancent les nuages, soir après soir.

    Je laisse le soleil s’approcher, me recouvrir, s’éteindre, laissant sa chaleur un moment, pensant, sans croire, ta chair remise au monde, ravivée.

    My recent post Il faut aimer au-dessus de ses moyens.

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