Ils voient le fort bras blanc qui tourne – La pâte grise et qui l’enfourne – dans un trou clai Rimbaud Arthur

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Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise et qui l’ enfourne
dans un trou clair.
Ils écoutent le bon pain cuire.
Poésies (1870-1871), Les effarés
Citations de Arthur Rimbaud
Arthur Rimbaud

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  1. dicocitations

    Les Effarés

    Noirs dans la neige et dans la brume,
    Au grand soupirail qui s'allume,
    Leurs culs en rond,

    A genoux, cinq petits, – misère ! –
    Regardent le Boulanger faire
    Le lourd pain blond…

    Ils voient le fort bras blanc qui tourne
    La pâte grise, et qui l'enfourne
    Dans un trou clair.

    Ils écoutent le bon pain cuire.
    Le boulanger au gras sourire
    Chante un vieil air.

    Ils sont blottis, pas un ne bouge
    Au souffle du soupirail rouge,
    Chaud comme un sein.

    Et quand, pendant que minuit sonne,
    Façonné, pétillant et jaune,
    On sort le pain ;

    Quand, sous les poutres enfumées
    Chantent les croûtes parfumées
    Et les grillons,

    Que ce trou chaud souffle la vie
    Ils ont leur âme si ravie
    Sous leurs haillons,

    Ils se ressentent si bien vivre,
    Les pauvres petits pleins de givre !
    – Qu'ils sont là, tous,

    Collant leurs petits museaux roses
    Au grillage, chantant des choses,
    Entre les trous,

    Mais bien bas, – comme une prière…
    Repliés vers cette lumière
    Du ciel rouvert,

    – Si fort, qu'ils crèvent leur culotte,
    – Et que leur lange blanc tremblotte
    Au vent d'hiver…

    Arthur RIMBAUD, Poésies

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