Il se sent comme un vieux feu, dont les braises se réveilleraient parfois sous un coup de vent, mais jamais suffisamment pour embraser le petit bois. Un foyer agonisant.

À lire aussi de Virginie Despentes

Si on veut se mettre en couple, l'important c'est d'être réaliste. Une fille mettable, qui fait à bouffer, qui n'a aucune habitude dégoutante et te supporte tel que tu es, sans chercher à te mettre au pas et te faire aimer les légumes verts, on ne peut pas en demander beaucoup plus à l'amour. A quelques détails près, c'est toujours la même histoire qu'on se raconte. L'important, c'est de ne pas s'acharner à chercher dans la vie de couple des choses qu'on n'y trouvera jamais.
Le problème de la rédemption, c'est que c'est comme passer du crack à la camomille: on se doute que ça a des vertus, mais sur le coup, c'est surtout vachement moins ludique.
Ce qu'il y a de pratique quand les gens ont vraiment des vies de con, c'est qu'un rien suffit à les distraire.
Xavier fume un paquet de clopes par jour, la dernière fois qu'il a essayé d'arrêter, il a cru devenir fou en redécouvrant l'odeur des gens. Dès qu'ils lèvent un bras on les sent qui puent, même sans se retourner on les sent arriver. Il a été obligé de reprendre.
On pointe rarement du doigt le vrai ravage dont les journaux féminins et l'industrie cosmétique sont responsables: faire croire à une nation de boudins qu'elles peuvent, en faisant quelques efforts, avoir l'air d'autre chose que de ce qu'elles sont.
Toutes les citations de Virginie Despentes →

Dans la même œuvre

Vernon sait faire la différence: excité, c'est le bas-ventre qui palpite, amoureux, ce sont les genoux qui faiblissent.
On peut tout se permettre avec les gros. Leur faire la morale à la cantine, les insulter s'ils grignotent dans la rue, leur donner des surnoms atroces, se foutre d'eux s'ils font du vélo, les tenir à l'écart, leur donner des conseils de régime, leur dire de se taire s'ils prennent la parole, éclater de rire s'ils avouent qu'ils aimeraient plaire à quelqu'un, les regarder en faisant la grimace quand ils arrivent quelque part. On peut les bousculer, leur pincer le bide ou leur mettre des coups de pied : personne n'interviendra. C'est peut-être à cette époque qu'elle a appris à renoncer à son genre : mâles ou femelles, les gros sont soumis à une exclusion similaire. On a le droit de les mépriser. Et s'ils se plaignent des traitements qu'on leur inflige, au fond tout le monde pense la même chose : mange moins, gros sac, tu pourras t'intégrer.
Passé un certain âge, on ne se sépare plus des morts, on reste dans leur temps, en leur compagnie.
L'âme est un navire imposant, qu'il faut manoeuvrer avec prudence.
Cannes, se disait Xavier, c'est la fête de la saucisse avec des putes en Louboutin. Tous à dégueuler leur caviar, le nez plein de coke, après avoir récompensé du cinéma roumain.