Il nous faut manger, boire, dormir, paresser, aimer, toucher aux choses les plus douces de cette vie, et pourtant ne pas succomber ; il faut qu'en faisant tout cela, les pensées anti-naturelles auxquelles on s'est voué restent dominantes et continuent leur cours impassible dans notre pauvre tête ; il faut faire de la vie un rêve et faire d'un rêve une réalité.

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Veuillez, je vous prie, remercier Monsieur le Ministre et l'informer que je n'éprouve pas du tout le besoin d'être décoré, mais que j'ai le plus grand besoin d'avoir le laboratoire.
Pour que, faible comme je le suis, je ne laisse pas ma tête aller à tous les vents, cédant au moindre souffle qu'elle rencontre, il faudrait que tout fût immobile autour de moi ou que lancé comme une toupie qui ronfle, le mouvement même me rende insensible aux choses extérieures.
Je pense à ma chérie qui remplit ma vie, et je voudrais avoir des facultés nouvelles ; il me semble qu'en concentrant mon esprit exclusivement sur toi, comme je viens de le faire, je devrais arriver à te voir, à suivre ce que tu fais et aussi à te faire sentir que je suis tout à toi en ce moment, mais je n'arrive pas à avoir une image.
J'ai été informé que vous aviez l'intention de me proposer de nouveau au préfet pour la décoration. Je viens vous prier de n'en rien faire. Si vous me procurez cette distinction, vous me mettrez dans l'obligation de la refuser, car je suis bien décidé à n'accepter jamais aucune décoration d'aucune sorte.
Il faut faire de la vie un rêve et faire d'un rêve une réalité.
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Il faut faire de la vie un rêve et faire d'un rêve une réalité.
Veuillez, je vous prie, remercier Monsieur le Ministre et l'informer que je n'éprouve pas du tout le besoin d'être décoré, mais que j'ai le plus grand besoin d'avoir le laboratoire.
Oui, je me souviendrai toujours avec reconnaissance du bois de la Minière ; c'est de tous les coins que j'ai vus jusqu'ici celui que j'ai le plus aimé et où j'ai été le plus heureux. Je partais souvent le soir et je remontais la vallée ; je revenais avec vingt idées en tête
Oh ! quel bon temps j'ai passé là, dans cette solitude bienfaisante, bien loin des mille petites choses agaçantes qui, à Paris, me mettent au supplice. Non, je ne regrette pas mes nuits passées dans les bois et mes journées qui coulaient toutes seules. Si j'avais le temps, je me laisserais bien aller à raconter toutes les rêvasseries que j'ai faites. Je voudrais aussi décrire ma délicieuse vallée, toute embaumée de plantes aromatiques, le beau fouillis si frais et si humide que traversait la Bièvre, le palais des fées aux colonnades de houblon, les collines rocailleuses et rouges de bruyère sur lesquelles on était si bien.
Pour que, faible comme je le suis, je ne laisse pas ma tête aller à tous les vents, cédant au moindre souffle qu'elle rencontre, il faudrait que tout fût immobile autour de moi ou que lancé comme une toupie qui ronfle, le mouvement même me rende insensible aux choses extérieures.