Ici, au Louvre, devant les toiles de Manet, Millet et d'autres, j'ai compris pourquoi mon alliance avec la Russie et l'art russe ne s'est pas nouée. Pourquoi ma langue, elle même, leur est étrangère. Pourquoi on ne me fait pas confiance. Pourquoi les cercles artistiques me méconnaissent. Pourquoi je ne suis en Russie la cinquième roue du carrosse. Et pourquoi tout ce que je fais, leur semble bizarre et tout ce qu'ils font, eux, me parait superflu. Pourquoi donc ?

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A Paris, je ne visitai ni académie, ni professeurs. Je les trouvais dans la ville même, à chaque pas, dans tout. C'étaient les commerçants du quartier, les garçons de café, les concierges, les paysans, les ouvriers. Autour d'eux planait cette étonnante lumière, liberté que je n'ai jamais vue ailleurs. La vie à Montmartre, c'était merveilleux! Je travaillais toute la nuit...
Dieu, toi qui te dissimules dans les nuages, ou derrière la maison du cordonnier, fais que se révèle mon âme, âme douloureuse de gamin bégayant, révèle moi mon chemin. Je ne voudrais pas être pareil à tous les autres ; je veux voir un monde nouveau.
Tous ces peintres en bâtiment, les vieux à barbes, ainsi que leurs apprentis, se sont mis à copier mes vaches et mes chevaux. Et le jour du 25 octobre, par toute la ville, se balançaient mes bêtes multicolores, gonflées de révolution. Les ouvriers s'avançaient en chantant l'Internationale. A les voir sourire, j'étais certain qu'ils me comprenaient. Les chefs, les communistes, semblaient moins satisfaits. Pourquoi la vache est-elle verte et pourquoi le cheval s'envole-t-il dans le ciel, pourquoi ? Quel rapport avec Marx et Lénine ?
Je suis bien à l'aise avec vous tous. Mais ... Avez vous entendu parler des traditions, d'Aix, du peintre à l'oreille coupée, de cubes, de carrés, de Paris ? Je l'avoue, je ne pourrais pas affirmer que Paris m'attirait violemment. Je savais qu'il fallait partir.
De Bach et de Mozart, j'entends leur souffle qui sonne, moi-même je deviens un son, le monde sonore de toute éternité
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Tous ces peintres en bâtiment, les vieux à barbes, ainsi que leurs apprentis, se sont mis à copier mes vaches et mes chevaux. Et le jour du 25 octobre, par toute la ville, se balançaient mes bêtes multicolores, gonflées de révolution. Les ouvriers s'avançaient en chantant l'Internationale. A les voir sourire, j'étais certain qu'ils me comprenaient. Les chefs, les communistes, semblaient moins satisfaits. Pourquoi la vache est-elle verte et pourquoi le cheval s'envole-t-il dans le ciel, pourquoi ? Quel rapport avec Marx et Lénine ?
Les ouvriers s'avançaient en chantant l'Internationale. Pourquoi la vache est-elle verte et pourquoi le cheval s'envole-t-il dans le ciel, pourquoi ? Quel rapport avec Marx et Lénine ?
La terre qui avait nourri les racines de mon art était Vitebsk, mais mon art avait besoin de Paris comme un arbre à besoin d'eau.
A Paris, je ne visitai ni académie, ni professeurs. Je les trouvais dans la ville même, à chaque pas, dans tout.
A Paris, je ne visitai ni académie, ni professeurs. Je les trouvais dans la ville même, à chaque pas, dans tout. C'étaient les commerçants du quartier, les garçons de café, les concierges, les paysans, les ouvriers. Autour d'eux planait cette étonnante lumière, liberté que je n'ai jamais vue ailleurs. La vie à Montmartre, c'était merveilleux! Je travaillais toute la nuit...