Elle aime regarder les pompiers qui vont courir en groupe, qui portent des petits shorts découvrant leurs belles cuisses et quand ils transpirent on voit aussi les muscles, dans le dos, se dessiner sous la toile du tee-shirt.

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Si on veut se mettre en couple, l'important c'est d'être réaliste.
Qui attend le seuil de l'andropause pour partir d'overdose ?
Elle est comme ces gens en exil, qui rêvent de leur pays d’origine et ne le reconnaissent plus quand ils peuvent enfin y retourner : rien n’est comme dans leur souvenir.
Lancer un lynchage médiatique est plus facile que de faire décoller un buzz positif. Elle prétend qu’elle sait faire les deux, mais l’époque plébiscite la brutalité. Celui qui défonce est celui qu’on écoute – il faut toujours prendre un pseudonyme mâle pour malmener quelqu’un. Le seul son qui apaise les forcenés qui hantent les couloirs du Web, c’est celui du maton qui broie les os d’un codétenu.
L'intelligence est utile pour justifier les décisions prises, après coup. On l'utilise pour se raconter une histoire plausible.
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Dans la même œuvre

Est-ce que quelqu'un peut lui expliquer pourquoi les fabricants de vêtements cousent des étiquettes qui grattent au niveau de la taille ? C'est à croire qu'ils font des études pour trouver la matière qui t'irritera le plus possible. Et même si tu découpes le truc avec un petit ciseau, au plus près du tissu, en te concentrant à fond – ça gratte quand même.
Sa passion pour les desserts de Michel et Augustin l'a perdu. Il se descend un seau de mousse au chocolat chaque soir en regardant des séries. Plus diverses merdes qu'il ingurgite tout au long de la journée. On se protège comme on peut. Il a mis du gras entre lui et le monde.
Nous n'avons pas pour vocation d'accueillir toute la misère du monde. Nous avons pour vocation de vivre séparés du monde par des murs. Nous avons pour vocation de vivre entourés de barbelés de militaires de douaniers. Nous avons pour vocation de bouffer du sucre, par tonnes, nous avons pour vocation de détruire des forêts entières pour produire des milliards de rouleaux de papier hygiénique, nous avons pour vocation de déambuler dans des rayonnages saturés et de chérir des objets manufacturés. Nous avons pour vocation de couler des bateaux de migrants avant qu'ils ne gênent le tourisme. Nous avons pour vocation la rigidité le refus de l'accident de nous enduire de protection solaire avant de bouffer des glaces de nous empêtrer dans la Toile en gobant toujours les mêmes idioties, nous avons vocation à compter les espèces disparues, nous avons vocation à dépouiller les vulnérables, nous avons vocation à ingérer des hectolitres de soda. Nous avons vocation au mépris, mépris de tout ce qui est gratuit, de tout ce qui est donné, de la beauté, du sacré, mépris du travail d'autrui, du consentement d'autrui, de la vie d'autrui...
C'est toujours les Français les plus lourds. Tout le monde le dit, ici. Tous les gens qui bossent en bar, restau ou musée disent la même chose – les mecs français, c'est les pires. Tu les reconnais à cinq cents mètres. C'est toujours eux qui gueulent en faisant chier le monde. C'est toujours eux qui font chier les filles. Même les Italiens sont moins lourds. Tout est dit.
Mais quand il avait mis les Bee Gees, elle avait abdiqué et s'était mise à chanter, dans la voiture. C'est compliqué de faire la gueule en écoutant Stayin' Alive.