On ne juge pas un ami, on le supporte tel qu'il est.
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Donner pour recevoir, ce n'est pas donner : c'est faire un commerce.
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À lire aussi de François-Jules Suisse, dit Jules Simon
Il semble que l'amour doive être sans nuage entre deux coeurs qui battent à l'unisson l'un de l'autre3
Il n'y a point d'accommodement avec la conscience. Il faut lui obéir, et être juste, ou lui désobéir, et être criminel.
Le roi et le pâtre se sentent responsables, l'un de son royaume, l'autre de son troupeau.
Quand on répète que l'amour est remplacé à la fin entre les époux par une solide amitié, on veut dire seulement que les sens s'apaisent ou s'épuisent; car l'amour conjugal conserve tous les autres caractères de l'amour. Il est protecteur et dévoué chez le mari, tendre et soumis chez l'épouse; il comporte un désintéressement absolu, l'union des âmes la plus intime et la plus complète. L'amitié, même parfaite, est un sentiment froid et réservé auprès de celui-là. L'amour conjugal est comme la base sur laquelle reposent tous les sentiments qui font le charme et le lien de la famille. N'en médisons pas, ne le dédaignons pas. Il n'y a, sans lui, ni bonheur ni dignité du foyer domestique.
Dans la même œuvre
L'amitié ne cherche pas l'égalité, mais elle la produit. Elle met tout en commun entre les amis: la fortune, les qualités de l'esprit, les sentiments du coeur.
La véritable amitié ne comporte pas seulement l'estime, mais le respect; il faut que l'on sente, jusque dans les épanchements de l'intimité, la présence et la dignité de la vertu.
Il n'y a point d'accommodement avec la conscience. Il faut lui obéir, et être juste, ou lui désobéir, et être criminel.
Si je me trompe en me croyant libre, je me trompe avec l'universalité du genre‘ humain. Je cherche des sceptiques : je n'en trouve que parmi les philosophes, et les philosophes mêmes qui doutent de la liberté semblent effrayés de leur doute. Ils forment dans les écoles une minorité presque insensible. Depuis l'origine de la philosophie, les noms les plus illustres témoignent en faveur de la liberté. Tous les hommes naissent avec cette croyance, et tous, à l'exception de quelques sophistes, la conservent jusqu'à la mort. Le roi et le pâtre se sentent responsables, l'un de son royaume, l'autre de son troupeau; et le plus ignorant se croit justifié, s'il peut seulement dire à ses juges : « C'est ma main qui a tout fait, en dépit de ma volonté. »
Le roi et le pâtre se sentent responsables, l'un de son royaume, l'autre de son troupeau.