Comme ce serait bien tout de même, comme ce serait reposant, quel immense progrès ce serait de faire moins de phrases et de voir davantage. De voir les choses comme elles sont au lieu de plaquer sur cette vision l'espèce de commentaire ininterrompu, subjectif, bavard, partisan, conditionné que nous produisons sans arrêt et sans même nous en rendre compte.
❧
C'est un thème récurrent, je l'ai observé dans les foyers catholiques : l'humour du prêtre ; les blagues de prêtre : rien que d'y penser, j'en ai le frisson.
◆
À lire aussi de Emmanuel Carrère
La rencontre de Dieu est à la maladie mentale ce que la mort est au cancer: l'aboutissement logique d'un processus morbide.
Une lucidité douloureuse vaut mieux qu'une apaisante illusion.
La pire défaite en tout, c'est d'oublier, et surtout ce qui vous a fait crever.
Un petit garçon ou une petite fille qui prononce le mot «papa» devrait être certain que Papa est un héros, un preux, et un père qui n'est pas capable d'apparaître ainsi aux yeux de ses enfants n'est pas digne d'être appelé Papa.
Dans la même œuvre
Les chrétiens sont les seuls dont il semble qu'on ait le droit de se moquer impunément, en mettant les rieurs de son côté.
Je me sentais impuissant, exilé dans cette banlieue de la vie qu'est un mariage malheureux, voué à un long et morose enlisement.
L'amour veut la proximité, la réciprocité, l'acceptation de la vulnérabilité. L'amour seul ne dit pas ce que nous passons notre vie à dire tous, tout le temps à tout le monde : Je vaux mieux que toi. L'amour a d'autres façons de se rassurer.
Je suis devenu celui que j'avais peur de devenir. Un sceptique. Un agnostique - même pas assez croyant pour être athée. Un homme qui pense que le contraire de la vérité n'est pas le mensonge mais la certitude.
C'est une chose étrange, quand on y pense, que des gens normaux, intelligents, puissent croire à un truc aussi insensé que la religion chrétienne, un truc exactement du même genre que la mythologie grecque ou les contes de fées.