C’est un grand art que de vendre du vent. Gracián y Morales Baltasar

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C’ est un grand art que de vendre du vent.
L’Art de la prudence (1994)
Citations de Baltasar Gracián y Morales
Baltasar Gracián y Morales

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  1. dicocitations

    Baltasar Gracián
    L’Homme de cour

    CCXLV

    Raisonner quelquefois à rebours du vulgaire.

    Cela montre un esprit élevé. Un grand génie ne doit point estimer ceux qui ne lui contredisent jamais, car ce n’est point une marque de leur affection pour lui, mais de leur amour-propre. Qu’il se garde bien d’être la dupe de la flatterie en la payant, si ce n’est du mépris qu’elle mérite. Qu’il tienne même à honneur d’être censuré de quelques gens, et particulièrement de ceux qui médisent de tous les gens de bien. Qu’il ait du chagrin que ses actions soient au goût de toutes sortes de gens, attendu que c’est signe qu’elles ne sont pas telles qu’il faut ; ce qui est parfait étant remarqué de très peu de personnes.
    CCXLVI

    Ne donner jamais de satisfaction
    à ceux qui n’en demandent point.

    De la donner trop grande à ceux mêmes qui la demandent, c’est une action de coupable. S’excuser avant le temps, c’est s’accuser. Se saigner lorsqu’on est en santé, c’est faire signe au mal et à la maladie de venir. Une excuse anticipée réveille un mécontentement qui dormait. L’homme prudent ne doit pas faire semblant de s’apercevoir du soupçon d’autrui, parce que c’est aller chercher son ressentiment ; il faut seulement tâcher de guérir ce soupçon par un procédé honnête et sincère.
    CCXLVII

    Savoir un peu plus, et vivre un peu moins.

    D’autres, au contraire, disent qu’un loisir honnête vaut mieux que beaucoup d’affaires. Nous n’avons rien à nous que le temps, dont jouissent ceux mêmes qui n’ont point de demeure. C’est un malheur égal d’employer le précieux temps de la vie en des exercices mécaniques, ou dans l’embarras des grandes affaires. Il ne se faut charger ni d’occupations, ni d’envie ; c’est vivre en foule et s’étouffer. Quelques-uns étendent même ce précepte jusqu’à la science. Ce n’est pas vivre que de ne pas savoir.
    CCXLVIII

    Ne se pas laisser aller au dernier.

    Il y a des hommes de dernière impression (car l’impertinence va toujours à quelque extrémité) ; ils ont un esprit et une volonté de cire ; le dernier y met le sceau, et efface tous les autres. Ces gens-là ne sont jamais gagnés, parce qu’on les perd avec la même facilité ; chacun leur donne sa teinture, ils ne valent rien pour confidents ; ils sont enfants toute leur vie, et, comme tels, ils ne font que flotter parmi le flux et le reflux de leurs sentiments et de leurs passions ; toujours boiteux de volonté et de jugement, parce qu’ils se jettent tantôt d’un côté, tantôt de l’autre.
    CCXLIX

    Ne point commencer à vivre par où il faut achever.

    Quelques-uns prennent le repos au commencement, et laissent le travail pour la fin. L’essentiel doit aller le premier, et l’accessoire après, s’il y a lieu pour cela. D’autres veulent triompher avant que de combattre. Quelques autres commencent à savoir par ce qui leur importe le moins, différant l’étude des choses qui leur seraient utiles et honorables, à un temps que la vie leur doit manquer. À peine celui-ci a-t-il commencé à faire sa fortune qu’il s’en va. La méthode est également nécessaire, et pour savoir, et pour vivre.
    CCL

    Quand faut-il raisonner à rebours ?

    Lorsqu’on nous parle à dessein de nous sur prendre. Avec certaines gens, tout doit aller à contresens. Le oui est le non ; et le non le oui. Mésestimer une chose montre qu’on l’estime, attendu que celui qui la veut pour soi la fait moins valoir auprès des autres. Louer n’est pas toujours dire du bien ; car quelques-uns, pour ne pas louer les bons, affectent de louer les méchants mêmes. Quiconque ne trouvera personne méchant ne trouvera personne bon.
    CCLI

    Il faut se servir des moyens humains,
    comme s’il n’y en avait point de divins ; et des divins, comme s’il n’y en avait point d’humains.

    C’est le précepte d’un grand maître, il n’y faut point de commentaires.

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