C’est miracle que d’être ensemble – Que la lumière sur ta joue – Qu’autour de toi le vent se j Aragon Louis

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C’ est miracle que d’ être ensemble
Que la lumière sur ta joue
Qu’ autour de toi le vent se joue
Toujours si je te vois je tremble.
Le Roman inachevé (1956), L’amour qui n’est pas un mot
Citations de Louis Aragon
Louis Aragon

2 réponses à “C’est miracle que d’être ensemble – Que la lumière sur ta joue – Qu’autour de toi le vent se j Aragon Louis”

  1. dicocitations

    Louis Aragon

    Les rimes dans les quatrains sont comme les murs du poème, l'écho qui parle à l'écho deux fois se réfléchit et on n'en croirait pas sortir, la même sonorité embrasse par deux fois les quatrains, de telle sorte que le quatrième et le cinquième vers sont liés d'une même rime, qui rend indivisibles ces deux équilibres. La précision de la pensée ici doit justifier les rimes choisies, leur donner leur caractère de nécessité.

    De cette pensée musicalement prisonnière on s'évadera, dans les tercets, en renonçant à ce jeu pour des rimes nouvelles : et c'est ici la beauté sévère des deux vers rimant qui se suivent immédiatement, pour laisser le troisième sur sa rime impaire demeurée en l'air, sans réponse jusqu'à la fin du sonnet, comme une musique errante.

    Car le tercet, au contraire du quatrain fermé, verrouillé dans ses rimes, semble rester ouvert, amorçant le rêve. Et lui répond, semblable, le second tercet. C'est ainsi, au corset étroit des quatrains dont la rime est au départ donnée, que s'oppose cette évasion de l'esprit, cette liberté raisonnable du rêve, des tercets.

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  2. dicocitations

    Aragon : L'amour qui n'est pas un mot

    Mon Dieu jusqu'au dernier moment
    Avec ce coeur débile et blême
    Quand on est l'ombre de soi-même
    Comment se pourrait-il comment
    Comment se pourrait-il qu'on aime
    Ou comment nommer ce tourment

    Suffit-il donc que tu paraisses
    De l'air que te fait rattachant
    Tes cheveux ce geste touchant
    Que je renaisse et reconnaisse
    Un monde habité par le chant
    Elsa mon amour ma jeunesse

    O forte et douce comme un vin
    Pareille au soleil des fenêtres
    Tu me rends la caresse d'être
    Tu me rends la soif et la faim
    De vivre encore et de connaître
    Notre histoire jusqu'à la fin

    C'est miracle que d'être ensemble
    Que la lumière sur ta joue
    Qu'autour de toi le vent se joue
    Toujours si je te vois je tremble
    Comme à son premier rendez-vous
    Un jeune homme qui me ressemble

    M'habituer m'habituer
    Si je ne le puis qu'on m'en blâme
    Peut-on s'habituer aux flammes
    Elles vous ont avant tué
    Ah crevez-moi les yeux de l'âme
    S'ils s'habituaient aux nuées

    Pour la première fois ta bouche
    Pour la première fois ta voix
    D'une aile à la cime des bois
    L'arbre frémit jusqu'à la souche
    C'est toujours la première fois
    Quand ta robe en passant me touche

    Prends ce fruit lourd et palpitant
    Jettes-en la moitié véreuse
    Tu peux mordre la part heureuse
    Trente ans perdus et puis trente ans
    Au moins que ta morsure creuse
    C'est ma vie et je te la tends

    Ma vie en vérité commence
    Le jour que je t'ai rencontrée
    Toi dont les bras ont su barrer
    Sa route atroce à ma démence
    Et qui m'as montré la contrée
    Que la bonté seule ensemence

    Tu vins au coeur du désarroi
    Pour chasser les mauvaises fièvres
    Et j'ai flambé comme un genièvre
    A la Noël entre tes doigts
    Je suis né vraiment de ta lèvre
    Ma vie est à partir de toi
    Aragon –

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