Je jure que si demain on parlait de liquider en France, par des moyens doux, cinquante à quatre-vingt mille malades mentaux et arriérés, des millions de gens trouveraient ça très bien, et l'on parlerait à coup sûr d'une œuvre humanitaire, et il y en a qui seraient décorés pour ça, la légion d'honneur et le reste.
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Beaucoup de vieillards, il est vrai, sont expédiés à l'asile par les hospices ou maisons de retraite qui se vident par regorgement sur l'hôpital psychiatrique, lorsqu'on a besoin de lits : lorsqu'il a besoin de lits le service de médecine doit lui-même se faire de la place...
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Bientôt, il n'y aura plus de criminels, rien que des malades; plus d'opposants, rien que des délinquants ; plus de déviants, rien que des tordus.
Il y a quelque chose d'extraordinairement faux, paradoxal et presque irréel dans cette situation de l'infirmier exécutant, considéré du point de vue de la psychologie médicale. Plus il obéit, moins il pense, plus il appauvrit son intuition, refoule ses sentiments, tient le malade pour un objet, plus il est bon "surveillant" moins il est bon "soignant". A la limite, il n'est rien, on peut le remplacer - on l'a souvent fait, historiquement - par des dispositifs matériels.
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