Auteur

Serge Gainsbourg

Je pratique la politique de la femme brûlée. Je brûle toutes celles que j'ai adorées.
Un homme démaquillé est ambigu, alors qu'une femme maquillée est confuse.
Je ne sais pas ce qu'il faut faire mais je sais ce qu'il ne faut pas faire.
Je prends les chemins vicinaux. Je n'irais jamais sur les routes nationales. On n'y rencontre que des platanes.
Mes racines, c'est le microclimat tabagique et merdique de mon 7ème arrondissement.
Je crois que les hommes s'arrangent en vieillissant. Les femmes se démolissent et les hommes s'arrangent, c'est assez injuste, mais c'est comme ça.
Les visages difficiles comme le mien se burinent et, arrivés à la quarantaine, deviennent intéressants.
Il y a eu de l'orage dans l'air, maintenant, il y a simplement de l'horreur dans l'âge.
Physiquement, je suis pudique quand même, c'est intellectuellement que je ne le suis pas.
On se réfère à la beauté grecque. Mais il y a aussi la beauté de l'âme et, de ce côté-là, je ne suis sûrement pas trop moche.
Quand certains jours pour moi ça rigole pas des masses - Devant ma glace - Je me fais des grimaces.
Je prétends qu'il n'y a que les grands séducteurs qui se font jeter par les femmes.
Veuillez sucer, je vous prie, en lisant ces lignes, le jus d'une cerise.
Le dandysme est un comportement au bord du suicide. C'est le choix d'une attitude, un jeu constant pour échapper à la réalité.
Je crois que j'aime de plus en plus le silence et de moins en moins la musique. Le silence a sa musique propre: les aboiements de chien, les voitures qui passent, les cliquetis d'objets, les frottements de tissus.
J'ai eu une crise cardiaque, ce qui prouve que j'ai un coeur.
Quand les gens venaient me voir chanter, ils disaient que je n'avais pas de tenue scénique. Maintenant, j'ai une tenue cynique et on dit que je suis prétentieux. Il faudrait savoir!
Je suis un garçon extrêmement décent. En fait, je suis indécent par ma décence.
Je suis plutôt un aquoiboniste qu'un nihiliste, ce qui est plus nuancé. Parce qu'au bout du nihilisme il y a un revolver.
La timidité? Le stade suprême veut que l'on soit timide avec soi-même, et que l'on n'ose pas s'approcher. On ne fait que se moumoyer, on n'arrive pas à se tutoyer. Quant à se vouvoyer, ce serait l'aristocratie de la timidité.
La vie est belle, qu'est ce que tu veux, je suis fou quelque part. Je vais crever, je pense, sans blé, sans un rond, mais peu importe. Je ne veux pas donner à Charlotte et à Lulu un handicap de milliardaire, voilà.
Je n'ai aucune prétention à être moi-même.
Je me noie dans mon miroir parce que je ne sais pas nager. Ce sont des eaux troubles et dangereuses; des marécages. Pour certains ce sont les reflets du ciel et pour moi ce sont des miasmes.
J'ai un regard perçant qui peut aller jusqu'au fond de l'âme.
Certains s'effacent devant leur destin. Moi je le mets aux arrêts de rigueur. A fond de cale.

Œuvres de Serge Gainsbourg

Amour sans amourAnna (1967), Un poison violent c'est ça l'amourAu pays des malicesAu pays des malicesBubble GumComic strip (1967)Dieu fumeur de Havanes (1980)Evguénie SokolovGainsbourg for ever de Franck Maubert (2005)Gainsbourg, Gilles Verlant, éd. Livre de Poche, 2000, p. 902Harley-DavidsonIndifférenteInitials B.B. (1968)Interview dans Le Monde du 1er juillet 1971.Jane Birkin - Serge Gainsbourg (1969), ElisaJe suis venu te dire que je m'en vais... (1991)Je t'aime, moi non plusJuif et DieuL'amour à la papaLa Javanaise