Auteur

Søren Kierkegaard

Si on ne sait pas à un tel point se mettre en rapport avec l'âme d'une jeune fille, mieux vaut ne jamais se laisser aller à vouloir séduire, car il sera alors impossible d'éviter ces deux écueils: d'être questionné sur l'avenir et catéchisé sur la foi.
Une mauvaise conscience peut rendre la vie intéressante.
Derrière le monde dans lequel nous vivons, loin à l'arrière-plan, se trouve un autre monde; leur rapport réciproque ressemble à celui qui existe entre les deux scènes qu'on voit parfois au théâtre, l'une derrière l'autre.
Il est révoltant qu'un homme dirige sur des sentiers faux un voyageur ignorant le chemin à prendre et le laisse ensuite seul dans son erreur. Cependant, n'est-il pas plus révoltant encore d'amener quelqu'un à se fourvoyer en lui-même?
... il n'y a rien sur quoi plane autant de séduction et de malédiction que sur un secret.
On n'est jamais timide que dans la mesure où on est vu, mais on est toujours vu que dans la mesure où on voit.
... l'angoisse en soi n'est pas belle, elle ne l'est qu'à l'instant où l'on s'aperçoit de l'énergie qui la surmonte.
Une condition capitale pour toute jouissance, c'est de se limiter.
... plus on se cache, plus il est désagréable d'être surpris.
Un garçon commence immédiatement à se développer et y met beaucoup de temps, une jeune fille naît pendant longtemps et naît femme faite, mais l'instant de cette naissance arrive tard.
... il n'est pas du tout difficile de séduire une jeune fille, mais d'en trouver une qui vaille la peine d'être séduite.
Une jeune fille qui veut plaire en se faisant intéressante plaira surtout à elle-même.
... un déshabillage spirituel.
... qu'est-ce que les romans nous apprennent de l'amour? Rien que des mensonges qui aident à abréger la tâche.
Les jeunes filles parlent généralement avec beaucoup de dédain des hommes embarrassés, mais secrètement elles les aiment bien.
... on ne peut pas savoir ce qu'un homme en son désespoir peut songer à risquer.
Toute tribulation embellit les êtres.
... la vie est un chemin.
... l'amour ne se trouve que dans la liberté, et ce n'est qu'en elle qu'il y a de la récréation et de l'amusement éternel.
... un moyen très utile pour se mettre en rapport avec une jeune fille, c'est de lui prêter des livres.
Je méprise un juge lorsqu'il arrache l'aveu d'un délinquant par la promesse de la liberté. Un tel juge renonce à sa force et à son talent.
Je suis un ami de la liberté de penser, et aucune pensée n'est assez absurde pour que je n'aie pas le courage de la retenir.
Quelqu'un qui parle comme un livre est extrêmement ennuyeux à écouter parfois, cependant, parler ainsi peut être utile, car, chose curieuse, un livre a ceci de particulier qu'il peut être interprété comme on veut.
Si on ne sait pas faire de l'amour cet absolu auprès de quoi toute autre histoire disparaît, on ne devrait jamais se hasarder à aimer, même pas si on se mariait dix fois.
Ce que les philosophes disent de la réalité est souvent aussi décevant que l'affiche qu'on a pu voir chez un marchand de bric-à-brac: «ici on repasse». Apporte-t-on son linge à repasser, on est dupé: l'enseigne est à vendre.

Œuvres de Søren Kierkegaard

Crainte et tremblement (1843)Etapes sur le chemin de la vie (1845)In vino veritasIn vino veritas (2011)JournalJournal (1834-1849)Journal 1834-1846Journal, 1834-1846Journal, 1837Journaux et cahiers de notesL'Apprentissage du christianismeL'Ecole du christianisme (1850)L'instant (1855)La répétition, un essai de psychologie expérimentale ou La reprise (1843)Le Concept de l'angoisse (1844)Le Concept de l'angoisse (1844), I, 3Le Concept de l'angoisse, II, 2Le Journal du séducteur (1843)Le lis des champs et l'oiseau du ciel (1849)Miettes philosophiques