Auteur

Roger Martin du Gard

Elle n'aurait pas été saisie de le voir brusquement surgir dans l'embrasure de la porte.
La colonne, endiguée entre de sombres façades, avançait toujours, d'un glissement lent, implacable.
Grand émoi dans le village, intarissable sujet de conversation.
J'ai tout fait pour empêcher ce mariage inepte.
La salle d'attente était une glacière et empestait le moisi.
Il secoua les épaules, comme un animal au filet, que chaque soubresaut empêtre davantage.
Ils s'employaient, au hasard, à des besognes obscures et mal payées, qu'ils abandonnaient dès qu'ils avaient un peu d'argent.
D'autres facteurs, impondérables et soudainement accumulés avaient dû emporter l'extravagante détermination.
Il ne lui fallait guère plus de cinq minutes pour passer sous la douche, se raser, enfiler la chemise glacée.
Chacun n'a qu'une pensée: se faire le plus plat possible, s'enfouir dans la terre, comme s'ensablent les soles à marée basse.
Ce sont des engins terribles, en théorie, dans les stands de tir. Mais dans la pratique! Il paraît que ça s'enraye au moindre grain de sable.
Un nouveau traitement, des soins énergiques, semblent avoir encore une fois enrayé la progression du mal.
Dans la plupart des feuilles d'information, les dépêches officielles étaient enrobées de commentaires verbeux et contradictoires.
La jeunesse bourgeoise est un terrain d'ensemencement incomparable pour la propagande chauvine.
Puis, le sextuor qui occupait la tribune entama son morceau final.
«Ni la mer, ni la montagne, ne peuvent rien pour elle», affirma Mme de Fontanin, en secouant la tête, avec cet entêtement des êtres doux que possède une certitude inébranlable.
Il n'entendait rien que le bruissement des insectes dans l'herbe et l'envol brusque des passereaux qui, un à un, désertaient l'arbre au-dessus de lui.
«Partout on se démène, partout on menace !» affirmait-il; et ses yeux de jais étincelaient d'espoir.
Il n'osa pas insister, releva la tête, et, accuentant l'étreinte de ses bras, il la serra passionnément contre lui.
Depuis huit jours, elle n'avait pas eu l'occasion de lire un journal. En quelques mots, Jacques la mit au fait des principaux événements.
Elle-même, d'ailleurs, n'avait pas été sans envisager l'éventualité d'une liaison, puisqu'elle s'était surprise, tout à l'heure, à penser: «Je lui ferai couper cette barbe».
Le sourcil levé, la lèvre maussade, il évitait lâchement de rencontrer ce regard craintif auquel il n'aurait su mentir.
Il supportait, à la rigueur l'évocation de Gise, le rappel de son nom; mais à Jenny il refusait farouchement la plus fugitive allusion.
Tout évolue, tout réagit: la pierre et l'homme. Il n'y a pas de matière inerte.
Certaines heures d'autrefois, particulièrement lumineuses, s'évoquaient dans la clarté.

Œuvres de Roger Martin du Gard

Correspondance avec A.GideJean BaroisJean Barois (1913)Jean Barois (1913), II, L'âge critiqueJean Barois (1913), II, Le calmeJean Barois (1913), Le goût de vivreJournal de guerreJournal, 17 mars 1942Les ThibaultLes Thibault, La Belle Saison (1923)Les Thibault, l'Epilogue (1937)Les Thibault, l'Epilogue (1940)Les Thibault, l'Eté 1914 (1936)Les Thibault, la Consultation (1928)Les Thibault, la Mort du père (1929)Les Thibault, la Sorellina (1928)Les Thibault, le Pénitencier (1922)Un TaciturneVieille France (1933)