Auteur

Pierre Choderlos de Laclos

Ou vous avez un rival, ou vous n'en avez pas. Si vous en avez un, il faut plaire pour lui être préféré; si vous n'en avez pas, il faut encore plaire pour éviter d'un avoir.
Malheureusement, quand les journées sont si longues, et qu'on est désoccupé, onrêve, on fait des châteaux en Espagne, on se crée sa chimère.
Vous lui reprochez de se mettre mal; je le crois bien: toute parure lui nuit, tout ce qui la cache la dépare. C'est dans l'abandon du négligé qu'elle est vraiment ravissante.
Quand la belle désolée fut au lit, je me mis à la consoler de bonne foi.
Vous trouverez ci-joint le paquet de vos lettres. Je compte que vous me renverrez en échange toutes celles de ma fille.
Ne m'abandonnez pas dans le délire où vous m'avez plongé: pr^tez-moi votre raison, puisque vous avez ravi la mienne; après m'avoir corrigé, éclairez-moi.
Vous n'avez pas le génie de votre état; vous n'en avez que ce que vous en avez appris, et vous n'inventez rien. Aussi, dès ... qu'il vous faut sortir de la route ordinaire, vous restez court comme un écolier.
Je passe mon temps à écouter ce que je ne devrais pas entendre.
Vous revenez ici sans y être rappelé; sans égard pour mes prières, pour mes raisons; sans avoir même l'attention de m'en prévenir.
Hier au soir, Madame n'a pas soupé: elle n'a pris que du thé. Elle a sonné de bonne heure ce matin; elle a demandé ses chevaux tout de suite, et elle a été, avant neuf heures, aux Feuillans, où elle a entendu la Messe.
Demain, après l'enlèvement du corps, je ferai mettre les scellés partout.
L'étourdie avait cru laisser sa porte entreouverte, nous la trouvâmes fermée, et la clef était restée en dedans.
La pitié, l'amitié et l'amour sont également étrangers à votre coeur.
Je lui ai tout appris, jusqu'aux complaisances ! Je n'ai excepté que les précautions.
Ne croyez pas que je cherche un détour pour excuser ou pour pallier ma faute; je m'avoue coupable.
Aussitôt je formai mon plan; je le lui communiquai, et nous l'exécutâmes avec succès.
C'est pourtant bien extraordinaire qu'une femme qui ne m'est presque pas parente, prenne plus de soin de moi que ma mère.
Les bulletins vous instruisent mieux que je ne pourrais le faire, ma chère amie, du fâcheux état de notre malade.
La vie que je mène ici est réellement fatigante, par l'excès de son repos et son insipide uniformité.
Je fus introduit chez la feinte malade, qui était encore couchée.
Une seule mousseline couvre sa gorge; et mes regards ont déjà saisi les formes enchanteresses.
Il n'est plus pour moi de bonheur, de repos, que par la possession de cette femme que je hais et que j'aime avec une égale fureur.
J'aime mieux croire que des erreurs, pour être longues, ne sont pas éternelles.
Je végète depuis si longtemps! Il y a plus de six semaines que je ne me suis pas permis une gaieté. Celle-là se présente; puis-je me la refuser?
Mais vous n'ignorez pas que dans les affaires importantes, on ne reçoit de preuves que par écrit.

Œuvres de Pierre Choderlos de Laclos

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