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Molière

Sot, niais. Mais suis-je pas bien fat de vouloir raisonner - Où de droit absolu j'ai pouvoir d'ordonner?
Vraiment oui, vous nous la baillez bonne.
Chrysalde: - Une femme stupide est donc votre marotte? - - Arnolphe: - Tant, que j'aimerais mieux une laide bien sotte - Qu'une femme fort belle avec beaucoup d'esprit.
Les biais qu'on doit prendre à terminer vos voeux.
Pensez-vous... - Et quand nous nous mettons quelque chose à la tête, - Que l'homme le plus fin ne soit pas une bête?
Et je le donnerais à bien d'autres qu'à moi - De se voir sans chagrin au point où je me voi.
Voilà un homme qui veut parler à vous.
Essayez un peu, par plaisir, à m'envoyer des ambassades, à m'écrire secrètement de petits billets doux, à épier les moments que mon mari n'y sera pas.
Manquez un peu, manquez à le bien recevoir.
A l'orgueil de ce traître, - De mes ressentiments je n'ai pas été maître
Je n'en serai point cru à mon serment, et l'on dira que je rêve.
A mon serment l'on peut m'en croire.
Cette déclaration est suivie d'un prompt courroux qui paraît à notre rougeur.
Et que deviendra lors cette publique estime, - Qui te vante partout pour un fourbe sublime, - Et que tu t'es acquise en tant d'occasions - A ne t'être jamais vu court d'inventions?
La curiosité qui vous presse est bien forte, - Ma mie, à nous venir écouter de la sorte.
Il faut avec vigueur ranger les jeunes gens, - Et nous faisons contre eux à leur être indulgents.
Un coeur qui jamais n'a fait la moindre chose à mériter l'affront où ton mépris l'expose.
Cherchons une maison à vous mettre en repos.
Je n'ai point un courroux à l'exhaler en paroles vaines.
Si je te disais le nom de toutes celles qu'il a épousées en divers lieux, ce serait un chapitre à durer jusqu'au soir.
Sous quel astre ton maître a-t-il reçu le jour? - Sous un astre à jamais ne changer son amour.
C'est bien à vous, infâme que vous êtes, à vouloir faire l'homme d'importance.
Si c'était une paysanne, vous auriez maintenant toutes vos coudées franches à vous en faire la justice à bons coups de bâton.
Et que j'aurais cette faiblesse d'âme - De me laisser mener par le nez à ma femme.
Ecoutez si vous trouvez l'air à votre goût.

Œuvres de Molière

AmphitrionAmphitryon (1668)Amphitryon (1668), I, 1, SosieAmphitryon (1668), I, 2, MercureAmphitryon (1668), I, 2, SosieAmphitryon (1668), I, 4, MercureAmphitryon (1668), II, 1Amphitryon (1668), II, 2, AmphitryonAmphitryon (1668), II, 3, SosieAmphitryon (1668), II, 6, AlcmèneAmphitryon (1668), II, 6, JupiterAmphitryon (1668), III, 10, JupiterAmphitryon (1668), III, 10, SosieAmphitryon (1668), III, 4, AmphitryonAmphitryon (1668), III, 5, SosieCité par Grimarest, dans Vie de M. de Molière, 1705.Dom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661)Dom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661), II, 5Dom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661), III, 2, Dom sylveDom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661), III, 3, Done elvire